VIDEO. Migrants: Refoulé par Malte, «l’Ocean Viking» continue sa route vers la zone de secours libyenne

HUMANITAIRE Mercredi, Malte a refusé que « l’Ocean Viking » ne pénètre dans ses eaux territoriales

20 Minutes avec AFP

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L'Ocean Viking, le nouveau bateau de secours de SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, le 4 août 2019 à Marseille.
L'Ocean Viking, le nouveau bateau de secours de SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, le 4 août 2019 à Marseille. — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Après avoir été refoulé par Malte, qui lui a refusé l’entrée de ses eaux territoriales, l’Ocean Viking, le nouveau bateau de secours de SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières, se dirige, ce jeudi matin, vers la zone de secours au large des côtes libyennes.

Le bâtiment de 69 mètres, battant pavillon norvégien, qui avait quitté Marseille dimanche soir et souhaitait se ravitailler en carburant avant de lancer ses opérations dans la zone de recherches et de secours (SAR, Research and rescue), qu’il compte atteindre ce jeudi à la mi-journée.

Première mission pour l’Ocean Viking

« Nous avons de l’eau, du carburant, des gens attendent d’être secourus, on continue », a décidé le coordinateur des opérations de secours Nicholas Romaniuk, devant ses troupes déçues du revirement des autorités maltaises : pour la première fois, Malte a interdit, au tout dernier moment, au bateau d’approcher alors qu’il s’était dérouté plus à l’est.

La météo clémente semble inciter et précipiter les départs de Libye par tous les moyens, aussi SOS Méditerranée a décidé d’instaurer une veille en passerelle dès 6 heures, à l’affût d’éventuelles embarcations en détresse. Déterminés à quitter l’enfer libyen où ils sont victimes d’abus de toutes sortes, de violences et d’exploitations, les migrants embarquent sur des bateaux surpeuplés et souvent en mauvais état. Cette mission est la première de l’Ocean Viking, qui succède à l’Aquarius dont le pavillon panaméen a été supprimé.

Des protocoles précis pour encadrer ses opérations

Privés de mer depuis dix mois, les marins sauveteurs de SOS Méditerranée ont multiplié les briefings et les entraînements à bord ces derniers jours pour se familiariser avec ce nouveau bateau et encadrer au mieux les nouveaux venus dans leurs rangs. L’ONG, qui mène des campagnes de secours en Méditerranée centrale depuis 2016, a développé des protocoles précis pour encadrer ses opérations, qu’il faut répéter en imaginant toutes sortes de scénarios, et surtout les pires.

« J’ai vu des opérations mal tourner en quelques secondes », assure Tanguy, l’un des adjoints de Nicholas qui organise l’approche des canots de secours, les « rhibs » (rigid-hulled inflatable boat), deux minimums, auprès des naufragés. Les sauveteurs savent que leur seule présence peut suffire à provoquer un drame, et jeter tout le monde à l’eau alors que généralement personne ne sait nager à bord des embarcations de fortune.

Du carburant pour 10 à 12 jours

En moins de trois ans, SOS Méditerranée et MSF ont sauvé quelque 30.000 vies à bord de l’Aquarius. Le coordinateur des secours estime que le carburant à bord de l’Ocean Viking lui permettra de conduire des opérations de secours pendant 10 à 12 jours, moins qu’espéré. Depuis son départ, l’équipage et le personnel humanitaire se préparaient à devoir errer le long des côtes pour un temps indéfini faute de port d’accueil pour les migrants qui seront secourus.

Mercredi soir, c’est juste après avoir communiqué son heure estimée d’arrivée que l’Ocean Viking s’est vu signifier l’interdiction de pénétrer les eaux maltaises. C’est la première fois que Malte ferme ainsi sa zone territoriale à un bateau humanitaire. L’Italie pour sa part a déjà pris plusieurs arrêtés interdisant ses côtes et ses ports aux bateaux d’ONG.