VIDEO. Fusillade d'El Paso: Trump accusé d'attiser la haine avec sa rhétorique sur une «invasion» des migrants

ETATS-UNIS Le président américain doit se rendre mercredi dans la ville texane meurtrie, et il ne sera pas vraiment le bienvenu

Philippe Berry

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Donald Trump en campagne dans l'Ohio, le 1er août 2019.
Donald Trump en campagne dans l'Ohio, le 1er août 2019. — USA Today Network/Sipa

« Cette attaque est une réponse à l’invasion hispanique du Texas. » Dans un manifeste que les autorités jugent authentique, l’auteur présumé de la tuerie d’El Paso, qui a fait 22 victimes, samedi, principalement dans la communauté latino, reprend des thèses du suprémacisme blanc, notamment sur la théorie du « grand remplacement ». Les mots de Patrick Crusius font également écho à ceux de Donald Trump, qui dénonce régulièrement « l’invasion » des migrants d’Amérique centrale. Alors que Donald Trump doit se rendre mercredi au Texas, Beto O’Rourke, ancien conseiller municipal d’El Paso et actuel candidat à la primaire démocrate, a prévenu : « Ce président, qui a alimenté la haine ayant rendu possible la tragédie de samedi, ne devrait pas venir. »

Lundi, Donald Trump avait appelé à l’unité, dénonçant « la haine raciste » et le « suprémacisme blanc » du tireur. Mais les démocrates lui reprochent d’avoir contribué au climat actuel avec une rhétorique « déshumanisante ».
2.200 spots Facebook mentionnent une « invasion »

Au lancement de sa campagne, en 2015, Donald Trump avait attaqué « les violeurs » mexicains amenant « la drogue et le crime » aux Etats-Unis. Depuis, il s’est moqué, en privé, des « pays de merde » d’Afrique et d’Amérique centrale, qualifié certains migrants de « rats », parlé « d’infestation » et invité quatre élues démocrates issues de minorités à « retourner dans [leur pays].

Surtout, face à la « caravane » de migrants d’Amérique centrale, le président américain agite régulièrement le spectre d’une « invasion », une expression qu’il a employée à une dizaine de reprises dans des discours publics, assurant en parallèle être « la personne la moins raciste du monde ».

Ses discours ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Mardi, le New York Times a analysé les spots anxiogènes diffusés par la campagne de Donald Trump sur Facebook. Depuis janvier, 2.200 clips mentionnent une « invasion » pour inciter ses supporteurs à donner de l’argent à sa campagne ou pour construire le mur. Au total, Donald Trump, qui avait déjà misé gros en 2016 sur Facebook, a dépensé 16 millions de dollars en un an pour booster ses publicités (tous thèmes confondus) sur le réseau social. C’est huit fois plus que Bernie Sanders ou Joe Biden.