L'Europe fait face à la crise

FINANCES Les principaux gouvernements de l'UE ont sonné le branle-bas de combat pour sauver leurs établissements menacés par la faillite...

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Le titre du grand groupe bancaire et d'assurance belgo-néerlandais Fortis a plongé de 21% vendredi à Amsterdam, à la suite de rumeurs démenties par sa direction de problèmes de solvabilité.
Le titre du grand groupe bancaire et d'assurance belgo-néerlandais Fortis a plongé de 21% vendredi à Amsterdam, à la suite de rumeurs démenties par sa direction de problèmes de solvabilité. — Dominique Faget AFP

Bradford & Bingley, Dexia, Fortis, Hypo Real Estate… la menace se précise, les noms des établissements financiers au bord de la faillite se succèdent. Partout en Europe, c’est le branle-bas de combat pour sauver ses banques en perdition.
 
La Banque centrale européenne impliquée
 
La BCE a abreuvé lundi le marché monétaire avec 120 milliards d'euros de liquidités, tout en promettant qu'elle continuerait aussi longtemps que nécessaire. Elle permet ainsi aux banques de se refinancer et évite une pénurie du crédit préjudiciable à l'économie.

La BCE prévoit d'allouer 30 milliards de dollars dans le cadre d'une opération concertée avec la Réserve fédérale américaine (Fed).
 
La Belgique vigilante, la France concernée
 
Le gouvernement belge, associé aux voisins néerlandais et luxembourgeois, a décidé de mettre au pot pour rafistoler Fortis, le principal établissement du pays, comme nous vous l’expliquons en détail ici. Fortis emploie 85.000 personnes et fait partie des 20 plus grandes banques européennes.
 
Mais maintenant, c’est le problème Dexia qui se présente. Premier banquier des collectivités locales en France et en Belgique, Dexia a convoqué dimanche par téléphone un conseil d'administration exceptionnel pour évaluer la situation créée par les déboires de Fortis. Un conseil d'administration exceptionnel se tient ce lundi depuis 18h pour «faire le point sur la situation financière internationale».
 
Selon «le Figaro», une augmentation de capital pourrait être annoncée de manière imminente afin de reconstituer les fonds propres et rassurer les marchés. Dexia devrait solliciter ses principaux actionnaires, les communes belges et… la Caisse des dépôts (11,7%) et consignations française.
 
Le ministre belge des Finances Didier Reynders a affirmé que l'Etat belge était prêt à Dexia, comme elle l'a fait avec Fortis, en cas de difficultés. Côté français, Christine Lagarde, après avoir martelé ce week-end que les banques nationales étaient solides, a assuré que la Caisse des Dépôts «prendrait ses responsabilités».
 
L’Allemagne toujours crédible
 
Berlin s’est démené pour la banque immobilière Hypo Real Estate, maison mère de Depfa Bank, spécialisée dans le financement des collectivités locales, qui est au bord du gouffre. Hypo a finalement reçu une ligne de crédit de 35 milliards d’euros, garantie par un consortium de banques privées et l’Etat (pour près de 75%).
 
La gouvernement d’Angela Merkel retrouve une crédibilité quelque peu écornée par l’affaire KfW, une banque publique aux errements importants en début de crise. Mais l’hémorragie a été stoppée et KfW vient d’emprunter 1 milliard de dollars sur deux ans, signe que le marché redémarre.
 
La Grande-Bretagne moins libérale
 
Margaret Thatcher doit mal dormir. Son pays devient terre de nationalisations. Londres s'apprête à prendre en charge la banque Bradford & Bingley, au bord du gouffre. Après Northern Rock, c’est le deuxième sauvetage public d'un établissement de crédit britannique depuis le début de l'année. Ses meilleurs actifs transférés au groupe espagnol Santander, tandis que les plus risqués resteront à la charge de l'Etat. Santander avait déjà racheté Alliance & Leicester.
 
Et aussi
 
Au Danemark, Roskilde, dont les actifs étaient déjà placés sous la garantie de la banque centrale, a été rachetée par trois concurrentes. L’établissement islandais Glitnir a été nationalisé.