Trump remet un coup de pression sur la Chine avec de nouveaux tarifs douaniers

COMMERCE Le président américain espère forcer Pékin à signer un nouvel accord commercial mais Wall Street s'inquiète d'un risque d'embrasement

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump sur le perron de la Maison Blanche le 1er août 2019.
Donald Trump sur le perron de la Maison Blanche le 1er août 2019. — Evan Vucci/AP/SIPA

Le bras de fer reprend. Donald Trump a attisé jeudi les braises dans la guerre commerciale contre la Chine, en annonçant son intention d’élargir l’imposition des droits de douane supplémentaires à la totalité des importations en provenance de Chine. Après l’accalmie estivale, cette décision inattendue a immédiatement fait plonger les marchés qui redoutent l’impact sur l’économie américaine, pour l’heure encore solide mais dont la croissance ralentit.

Dans une série de tweets, le président américain a précisé que son administration allait infliger « de petits droits de douane supplémentaires de 10 % sur les 300 milliards de dollars » d’importations chinoises jusque-là épargnées. Additionnées aux droits de douane supplémentaires de 25 % déjà imposés à 250 milliards de dollars de biens chinois, c’est ainsi la totalité des importations venant du géant asiatique qui sera surtaxée.

Les marchés secoués

Pour autant, Donald Trump, qui est reparti en campagne et n’a cessé de souffler le chaud et le froid dans ce conflit, affirme que les discussions vont se poursuivre comme prévu. L’hôte de la Maison Blanche justifie sa décision surprise par le fait que Pékin n’a pas tenu à ses yeux deux engagements très importants : achats massifs de produits agricoles américains et coup d’arrêt aux ventes de fentanyl, un opiacé très puissant qui fait des ravages aux Etats-Unis et dont la Chine est l’un des principaux producteurs. Pourtant, Pékin a affirmé jeudi avoir acheté ces dernières semaines davantage de produits agricoles américains.

L’annonce du président a fait l’effet d’une bombe sur les marchés. Le pétrole chutait de près de 8 % à New York et les principaux indices boursiers à Wall Street sont passés nettement dans le rouge. Les négociations commerciales entre Américains et Chinois avaient pourtant semblé reprendre dans un climat relativement apaisé cette semaine à Shanghai.

Mercredi, les deux parties avaient même fait état de discussions « productives » pour tenter de mettre fin à une guerre commerciale déclenchée il y a un peu plus d’un an. De plus, elles étaient convenues de se retrouver début septembre, cette fois à Washington. « On ne l’a pas vu venir », a réagi Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert Financial Services qui avance deux interprétations possibles.

« Pied de nez » à la Fed ?

Il se pourrait aussi que le président fasse « un pied de nez » à la Banque centrale américaine qui a, certes, décidé mercredi de baisser les taux d’intérêt mais pas suffisamment au goût de Donald Trump. « Pour que la Fed fasse ce que Trump voudrait (c’est-à-dire) qu’elle adopte une politique extrêmement accommodante, il faut que la guerre commerciale s’envenime ; c’est la seule raison qui pourrait amener la Fed à de nouveau abaisser les taux », avance-t-il.

Jusqu’alors l’administration américaine avait épargné les biens de consommation courante si bien que l’économie américaine, tirée par la consommation des ménages, est restée relativement immune à la guerre commerciale. Mais la perspective de droits de douane affectant tous les biens a provoqué la stupeur des marchés. A titre d’exemple : l’action du groupe Best Buy, une chaîne de magasins vendant de l’électronique grand public, a chuté de 9 % immédiatement après l’annonce. « Ces 10 % de tarifs supplémentaires vont directement atteindre le consommateur américain », avertit Gregori Volokhine. Le président « joue avec le feu », conclut-il.