Union européenne: Un accord trouvé pour la prise en charge des migrants du navire Gregoretti

IMMIGRATION Bloqués sur le navire des gardes-côtes par le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, ces réfugiés partis de Libye seront répartis entre cinq pays européens

20 Minutes avec AFP

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Le navire des garde-côtes italiens Gregoretti en 2015.
Le navire des garde-côtes italiens Gregoretti en 2015. — Lino Azzopardi/AP/SIPA

Une solution européenne a été trouvée pour le débarquement et la prise en charge des migrants bloqués à bord du bateau italien Gregoretti, a annoncé mercredi la Commission européenne.

Cinq Etats membres – la France, l’Allemagne, le Portugal, le Luxembourg et l’Irlande – et l’Eglise italienne ont accepté de prendre en charge les 131 migrants sauvés en mer et bloqués depuis plusieurs jours à bord du navire des garde-côtes italiens, le Gregoretti, dans le port militaire d’Augusta, près de Catane en Sicile, a précisé un porte-parole de la Commission européenne.

A Rome, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a confirmé que les 116 migrants encore bloqués sur le Gregoretti pourront débarquer. « Je donnerai l’autorisation à débarquer dans les prochaines heures », a déclaré sur Facebook le patron de la Ligue (extrême droite). « L’Allemagne, le Portugal, la France, le Luxembourg et l’Irlande, ainsi que des structures de l’Eglise italienne, prendront en charge » les migrants, a précisé Matteo Salvini.

Répartition des migrants

Dès lundi, le gouvernement allemand s’était dit prêt à accueillir une partie de ces migrants, à condition que ce soit coordonné avec d’autres pays européens. La Commission n’a pas précisé la répartition des migrants mais selon les indications fournies, plus de la moitié d’entre eux devraient rester en Italie, pris en charge par l’Eglise. L’accord doit permettre aux rescapés de débarquer après plusieurs jours passés bloqués à bord du navire.

Partis de Libye à bord de deux embarcations distinctes, quelque 140 migrants avaient été secourus par des vedettes des garde-côtes jeudi dernier, jour où plus de 110 autres sont morts ou disparus dans un naufrage au large de la Libye. Ils avaient été transférés sur le Gregoretti, un navire ravitailleur de la marine italienne. Le bâtiment avait pu accoster trois jours plus tard dans le port militaire d’Augusta, mais Matteo Salvini refusait de laisser débarquer les migrants tant qu'un plan de répartition immédiate n'avait pas été convenu avec l'UE.

Six d’entre eux ont bénéficié d’une évacuation médicale immédiate vers l’île de Lampedusa, tandis qu’une femme enceinte de sept mois, ses deux jeunes enfants et son compagnon, avaient pu débarquer en Sicile. Le Gregoretti a accosté dans la nuit de samedi à dimanche dans le port militaire d’Augusta, en Sicile, mais Matteo Salvini n’a laissé descendre que 15 mineurs lundi. Un autre migrant souffrant a pu débarquer mercredi à la mi-journée.

La Commission européenne a une nouvelle fois appelé les Etats membres à trouver une solution pérenne pour le débarquement des naufragés sauvés en mer, devenu un sujet de tensions au sein de l’UE.