Brésil: Jair Bolsonaro refuse de rencontrer Jean-Yves Le Drian

DIPLOMATIE Le président d’extrême droite brésilien a prétexté un emploi du temps trop chargé avant de publier une photo de lui chez le coiffeur, à l’heure prévue pour la rencontre

Rachel Garrat-Valcarcel

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Jair Bolsonaro est le président du Brésil depuis janvier 2019.
Jair Bolsonaro est le président du Brésil depuis janvier 2019. — Eraldo Peres/AP/SIPA

C’est quasiment une « humiliation », d’après les mots du Monde, qu’a reçu Jean-Yves Le Drian à Brasilia, lundi. Le ministre des Affaires étrangères devait y rencontrer le président brésilien d’extrême droite, Jair Bolsonaro. Il n’en a rien été, le chef de l’Etat a annulé au dernier moment la rencontre avec le ministre français. Raison invoquée ? Des problèmes d’emploi du temps.

Sauf que quelques minutes plus tard, le même Bolsonaro a publié une vidéo sur son profil Facebook une vidéo de lui, en direct, en train de se faire couper les cheveux. Tout cela autour de l’horaire prévu pour la rencontre avec Jean-Yves Le Drian. Un camouflet diplomatique dont a bien pris note le ministre français, d’après Le Monde. Son entourage dit qu’il garde le « calme des vieilles troupes », tout en « entendant le message » adressé à la France.

Bras de fer

France et Brésil sont entrés dans une sorte de bras de fer au sujet de l’écologie, dont Jair Bolsonaro ne fait, disons, pas une priorité. D’après Le Monde, l’équivalent des deux tiers de la Corse a déjà été déforesté dans la forêt amazonienne depuis son investiture, en janvier.

Or, la France a fait pression sur le Brésil lors du G20 d’Osaka, il y a seulement quelques semaines, pour que le pays respecte son engagement environnemental sur l’accord de Paris. Condition sine qua non pour qu’Emmanuel Macron signe l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, dont le Brésil est membre.

Depuis, le Brésil ne semble pas être pressé de tenir sa promesse. Pire, Jair Bolsonaro s’est montré plusieurs fois complaisant avec des entreprises forestières accusées de déforestation. De l’autre côté de l’Atlantique, la France a fait savoir qu’elle n’était, elle non plus, pas pressée de ratifier le traité entre le Mercosur et l’UE.