Enfant poussé sous un train en Allemagne: Le suspect était recherché en Suisse

ENQUÊTE L’homme, arrivé en provenance de la ville suisse de Bâle, doit être inculpé de «meurtre» et de «tentative de meurtre»

S.A avec AFP

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Des fleurs et des bougies déposées en hommage au garçon de 8 ans, décédé lundi,  après avoir été poussé par un train en marche, à la gare principale de Francfort.
Des fleurs et des bougies déposées en hommage au garçon de 8 ans, décédé lundi, après avoir été poussé par un train en marche, à la gare principale de Francfort. — Michael Probst/AP/SIPA

Au lendemain de la mort d'un garçon de 8 ans, poussé sous les rails d'un train en Allemagne par un homme de 40 ans, des informations sur l’identité et le passé du suspect ont été révélés par la police allemande.

Le quadragénaire, originaire d’Erythrée, était déjà recherché en Suisse pour tentative de meurtre et pourrait souffrir de troubles psychiatriques, a déclaré mardi la police. Les autorités suisses avaient émis un avis de recherche national à l’encontre de cet homme de 40 ans, marié et père de trois enfants, à la suite d’une agression survenue le 25 juillet.

Ce jour-là, le meurtrier présumé, résidant en Suisse dans le canton de Zürich depuis 2006, « a menacé de tuer sa voisine avec un couteau, a tenté de l’étrangler puis l’a enfermée chez elle avant de s’enfuir », a déclaré au cours d’une conférence de presse le chef de la police nationale allemande, Dieter Romann. Cet Erythréen était en outre connu des autorités suisses pour d’autres « délits de ce genre » dans le passé, a-t-il ajouté.

Une première tentative

Lundi, cet homme s’est dissimulé derrière un pilier de la gare de Francfort. A l’arrivée d’un train, il a soudain poussé le garçon et sa mère de 40 ans sur la voie. L’enfant est mort et sa mère est parvenue à se dégager d’extrême justesse. Il a également tenté de pousser « une autre femme », âgée de 78 ans, qui n’est pas tombée du quai mais a été blessée à l’épaule, selon le parquet.

Cet homme n’était « ni alcoolisé ni drogué », a souligné la police. Son geste « laisse penser à un problème psychiatrique » et le suspect sera « certainement soumis à une expertise » pour évaluer son degré de discernement, a expliqué une porte-parole du parquet de l’Etat régional de la Hesse, où se trouve Francfort.

La police suisse a de son côté précisé à ce sujet que l’Erythréen avait suivi cette année un traitement psychiatrique. Il était « bien intégré » en Suisse, a relevé le ministre allemand de l’intérieur Horst Seehofer, qui avait interrompu ses vacances pour se rendre dans cette gare très fréquentée après le grand émoi suscité par ce crime en Allemagne.

Politique migratoire mise en cause

Il y a une dizaine de jours, une affaire similaire s’est produite dans l’ouest de ce pays, quand une mère de famille de 34 ans a été tuée après avoir été poussée sous un train par un homme qu’elle ne connaissait pas. L’extrême droite allemande s’est emparée de ces deux faits divers pour une nouvelle fois dénoncer la politique migratoire trop laxiste à ses yeux du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

Le suspect dans le meurtre du petit garçon n’a pas été contrôlé à son entrée en Allemagne, malgré l’avis de recherche émis par la police suisse à l’encontre de cet Erythréen. Et dans l’affaire similaire survenue dix jours plus tôt, le meurtrier présumé était originaire de Serbie.

L’Erythréen « n’a pas été contrôlé à la frontière germano-suisse, où il n’y a pas de contrôles réguliers. Il était inconnu des services de police allemands et ne se trouvait pas dans les bases de données européennes », a noté le ministre allemand de l’Intérieur. L’homme, arrivé quelques jours avant le meurtre à Francfort en provenance de la ville suisse de Bâle, doit être inculpé de « meurtre » et de « tentative de meurtre ».