Peine de mort: Les Etats-Unis vont reprendre les exécutions au niveau fédéral après seize ans d’interruption

ETATS-UNIS La dernière exécution d’une personne condamnée par un tribunal fédéral s’est déroulée il y a seize ans

20 Minutes avec AFP
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Le gouvernement de Donald Trump a annoncé jeudi la reprise des exécutions de personnes condamnées par des tribunaux fédéraux.
Le gouvernement de Donald Trump a annoncé jeudi la reprise des exécutions de personnes condamnées par des tribunaux fédéraux. — ERIK S. LESSER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé ce jeudi la reprise des exécutions de personnes condamnées par des tribunaux fédéraux, dont la dernière remonte à seize ans. Le ministère de la Justice a adopté un nouveau protocole d'injection létale et programmé cinq exécutions qui auront lieu dans une prison fédérale de l’Indiana, selon un communiqué.

Elles concerneront des personnes condamnées « pour avoir tué, et parfois torturé et violé, les membres les plus vulnérables de la société : des enfants ou des personnes âgées », selon ce communiqué.

Le dernier condamné exécuté en 2003

La peine de mort est légale aux Etats-Unis mais plusieurs Etats l'ont déclarée illégale ou ont prononcé des moratoires, si bien qu’elle n’est de fait appliquée que dans certains d’entre eux. Sur les 25 exécutions réalisées en 2018, 13 ont ainsi eu lieu dans le seul Texas. Au niveau fédéral, depuis la levée d’un moratoire en 1988, seuls 3 condamnés à mort ont été exécutés, dont le dernier en 2003.

Les tribunaux fédéraux prononcent rarement des peines capitales et seule une soixantaine de personnes se trouvent dans le couloir de la mort de pénitenciers fédéraux, selon le Centre d’information sur la peine de mort (DPIC).

Un argument électoral

Le président républicain Donald Trump, qui brigue sa réélection en 2020, réclame régulièrement un usage renforcé de la peine capitale, notamment pour les tueurs de policiers, les islamistes ou pour lutter contre le trafic de drogue. Il l’avait également réclamée après la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh en octobre 2018 (11 morts).

L’application de la peine de mort recule depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis principalement en raison des interrogations sur la légalité des injections létales, accusées de causer trop de souffrance, et sur la disponibilité des produits. Les grands laboratoires pharmaceutiques, soucieux de ne pas associer leur nom à la peine de mort, refusent de livrer les substances.