Brexit: Boris Johnson réclame un nouvel accord de sortie à l'UE avant le 31 octobre

SORTIE Boris Johnson tape du poing sur la table, alors qu’il vient de succéder à Theresa May au poste de Premier ministre britannique

20 Minutes avec AFP
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Boris Johnson, le 24 juillet 2019, alors qu'il vient de donner son premier discours comme Premier ministre.
Boris Johnson, le 24 juillet 2019, alors qu'il vient de donner son premier discours comme Premier ministre. — Tolga AKMEN / AFP

Des nouvelles du Brexit. Le Premier ministre britannique nouvellement nommé, Boris Johnson, a demandé ce jeudi à l’Union européenne de rouvrir les négociations du divorce à venir, qualifiant d'« inacceptable » l’accord conclu par Theresa May.

« L’accord de retrait a été rejeté trois fois (…) Ses termes sont inacceptables pour ce Parlement et ce pays », a déclaré Boris Johnson lors de sa première allocution devant les députés britanniques depuis sa prise de fonction, mercredi. Le dirigeant conservateur a en particulier réclamé « l’abolition » du « filet de sécurité » irlandais. Cette mesure est destinée à éviter le retour de contrôles à la frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et sa voisine, la République d’Irlande, après le Brexit.

Avec ou sans accord, sortie définitive

S’il ne devait pas obtenir satisfaction, Boris Johnson a demandé à Michael Gove, chancelier du duché de Lancastre, de faire des préparatifs pour une sortie sans accord, sa « priorité absolue ». « Je préférerais que nous sortions de l’UE avec un accord », a-t-il dit, soulignant être « prêt à négocier, en toute bonne foi, une alternative ». Côté européen, la réponse est cependant inchangée : « nous ne rouvrirons pas l’accord », a déclaré la porte-parole de la Commission européenne, Mina Andreeva.

Boris Johnson, qui a pris l’habitude de moquer les esprits « grincheux » et « pessimistes », a promis de sortir de l’UE d’ici au 31 octobre, pour faire de son pays « l’endroit le plus génial au monde ». « Nos enfants et petits-enfants vivront plus longtemps, plus heureux, en meilleure santé et plus riches, » a-t-il affirmé. Un discours que l’ex-Premier ministre Theresa May a boudé, préférant assister à un match de cricket.

Un Parlement hostile pour barrer la route à ses ambitions

L’échéance du Brexit est dans 98 jours et Boris Johnson a fermement exclu tout nouveau report. Il a annoncé jeudi que le Royaume-Uni ne nommerait pas de nouveau commissaire européen. Une stratégie qui laisse les acteurs du dossier dubitatifs. « Suggérer qu’il puisse y avoir un tout nouvel accord, négocié en quelques semaines ou mois n’est absolument pas réaliste », a réagi mercredi le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar.

Boris Johnson s’est débarrassé d’une très large partie de l’équipe de Theresa May, opérant un virage à droite et nommant aux postes clés de fervents Brexiters comme Dominic Raab, 45 ans, qui a hérité de la diplomatie, Priti Patel, 47 ans, nouvelle ministre de l’Intérieur, ou Jacob Rees-Mogg, 50 ans, chargé des relations avec le Parlement. « C’est la purge la plus brutale de l’histoire politique moderne », a commenté le quotidien conservateur Times.

Boris Johnson devra aussi compter sur la résistance du Parlement, où il ne dispose que d’une majorité de deux voix, et où des élus conservateurs, favorables au maintien de liens étroits avec l’UE, ont promis de lui mener la vie dure. Ainsi, l’ex-ministre des Finances, Philip Hammond, a annoncé qu’il était prêt à « tout » pour empêcher un Brexit sans accord.