Etats-Unis: Le nouveau ministre de la Défense a prêté serment

PENTAGONE Le ministère américain de la Défense était sans locataire depuis décembre

20 Minutes avec AFP

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Mark Esper et Donald Trump, lors de la prestation de serment du premier.
Mark Esper et Donald Trump, lors de la prestation de serment du premier. — NICHOLAS KAMM / AFP

Sept mois après la démission fracassante de l’ex-général des Marines Jim Mattis, les Etats-Unis ont enfin un nouveau ministre de la Défense : Mark Esper, dont la nomination a été approuvée mardi par le Sénat. Ex-militaire reconverti dans l’industrie de défense, secrétaire à l’armée de terre depuis 2017, Mark Esper, 55 ans, a prêté serment dès mardi à la Maison Blanche.

« Il n’y a personne de plus qualifié pour diriger le ministère de la Défense », a souligné Donald Trump à l’occasion de la petite cérémonie ayant officiellement installé le nouveau ministre de la Défense dans ses fonctions. Donald Trump s’était tourné vers Mark Esper pour diriger le Pentagone lorsque son candidat précédent, Patrick Shanahan, avait renoncé en juin à briguer ce poste pour raisons familiales, après avoir assuré un intérim de six mois.

Une institution destabilisée

Mark Esper arrive à la tête d’une institution déstabilisée par la succession de ses dirigeants depuis fin décembre, sans ministre en titre capable de résister aux impulsions d’un président comme Donald Trump, alors que la première puissance militaire mondiale est engagée dans deux guerres, en Syrie et en Afghanistan, et en plein bras de fer avec Téhéran.

Sa nomination a été approuvée par 90 voix contre huit, plusieurs candidats démocrates à la présidentielle de 2020 s’y étant opposés, notamment Elizabeth Warren, Amy Klobuchar et Kamala Harris. De nombreux démocrates ont cependant choisi de mettre fin à sept mois de hiatus à la tête du Pentagone en approuvant le choix de Mark Esper.

Un ancien de la guerre du Golfe

« Il a la responsabilité particulière de conseiller un président qui n’a pas d’expérience en matière de sécurité nationale. Je pense que Mark Esper sera à la hauteur », a ainsi tweeté le sénateur démocrate Dick Durbin. Il s’agit d’un « candidat pleinement préparé » à assumer ses fonctions, avait souligné lundi Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, soulignant l’urgence de doter la première armée du monde d’un ministre à part entière.

Et Mark Esper connaît le Moyen-Orient : il a combattu en Irak lors de la guerre du Golfe en 1991. Il faisait partie de la célèbre 101e division aéroportée de l’armée américaine. Il est en outre très proche du prochain chef d’état-major américain, le général Mark Milley, qui doit succéder fin septembre au général Joe Dunford. C’est aussi un proche du chef de la diplomatie Mike Pompeo, aux côtés duquel il a étudié à la prestigieuse académie militaire de West Point. Les deux hommes en ont été diplômés la même année, en 1986.

Sur le plan politique, il maîtrise les rouages du Congrès pour y avoir conseillé plusieurs sénateurs, notamment le républicain Chuck Hagel, devenu ensuite ministre de la Défense. Mais ses liens avec l’industrie de la défense ont fait grincer certaines dents lors du processus de confirmation. Les premières décisions du nouveau ministre de la Défense seront surveillées de près, notamment sur des sujets sensibles comme le déploiement depuis plusieurs mois de troupes à la frontière mexicaine, que de nombreux responsables du Pentagone considèrent en privé comme un gaspillage de ressources.