Détroit d’Ormuz: Un tanker battant pavillon britannique saisi ancré à un port iranien

TENSIONS Le «Stena Impero» a été arraisonné par la force navale des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, pour «non respect du code maritime international»

20 Minutes avec AFP

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Iran et Etats-Unis y ont renforcé leur déploiement militaire dans la région du Golfe et du détroit d’Ormuz.
Iran et Etats-Unis y ont renforcé leur déploiement militaire dans la région du Golfe et du détroit d’Ormuz. — /AP/SIPA

Un pétrolier battant pavillon britannique saisi par l’Iran est ancré samedi au port de Bandar Abbas (sud du pays). L’annonce de cette saisie est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar de prolonger pour trente jours l’immobilisation d’un pétrolier iranien, le « Grace 1 ». Allah-Morad Afifipoor, directeur général de l’organisation portuaire et maritime de la province de Hormozgan où est situé le port, a affirmé que le « Stena Impero » était « entré en collision avec un bateau de pêche sur sa route. Et conformément à la loi, après un accident il est nécessaire d’enquêter sur les causes ».

L’Iran a annoncé vendredi avoir saisi ce tanker, dont le propriétaire est suédois, pour « non-respect du code maritime international » dans le détroit d’Ormuz. Un détroit par lequel transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète. La région du Golfe et du détroit d’Ormuz se trouve, en effet, au coeur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les Etats-Unis qui y ont renforcé leur déploiement militaire.

Les 23 membres d’équipage sont restés tous à bord du « Stena Impero »

Cité par l’agence de presse iranienne Fars, Allah-Morad Afifipoor a indiqué qu’après la collision, les personnes à bord du bateau de pêche avaient « contacté le navire britannique mais n’avaient pas reçu de réponse ». Ils ont alors informé l’Autorité portuaire de Hormozgan « conformément aux procédures légales ». « L’enquête sur les causes de l’accident a été ouverte ce jour (samedi) par les experts » relevant de l’Autorité portuaire et maritime de la province de Hormozgan, a ajouté le directeur général.

Les 23 membres d’équipage sont restés tous à bord du « Stena Impero ». Dix-huit, dont le capitaine, sont de nationalité indienne et les cinq autres sont de nationalité philippine, lettone ou russe. Londres avait annoncé vendredi la saisie de « deux navires » par l’Iran. Le propriétaire britannique du deuxième pétrolier arraisonné, le « Mesdar », battant pavillon libérien, avait indiqué que des hommes armés étaient montés à bord mais que le navire avait été relâché et que tous les membres de l’équipage étaient sains et saufs.

« Notre action sera réfléchie, mais ferme »

Dans la foulée de la saisie du « Stena Impero », le Royaume-Uni a recommandé aux navires britanniques de rester « en dehors de la zone » du détroit d’Ormuz pour une « période provisoire ». « Nous restons profondément préoccupés par les actions inacceptables de l’Iran, qui constituent un défi évident à la liberté de navigation internationale. Nous avons conseillé aux navires britanniques de rester en dehors de la zone pour une période provisoire », a affirmé une porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué.

Dans un tweet publié samedi, le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a estimé que les situations des deux pétroliers n’étaient pas comparables, soulignant que l’arraisonnement du Grace 1 était « LEGAL ». « Ce qui s’est passé hier dans le Golfe montre des signes inquiétants indiquant que l’Iran pourrait choisir une voie dangereuse de comportement illégal et déstabilisant », a également regretté Jeremy Hunt. Et de prévenir : « Notre action sera réfléchie, mais ferme. »

Des appels à libérer le pétrolier restés sans réponse

Plus trad dans la journée de samedi, il a dit souhaiter un apaisement des tensions. L’Iran était alors resté sourd aux multiples appels à libérer un pétrolier battant pavillon britannique.

L’Allemagne, la France et l’UE ont sommé l’Iran de relâcher le Stena Impero. « Une nouvelle escalade serait très dangereuse pour la région », a averti Berlin après que les Etats-Unis ont dénoncé une « surenchère de la violence » de l’Iran. « Dans une situation déjà tendue, ce développement alimente les risques de nouvelle escalade », a estimé le service de la diplomatie de l’UE en exprimant sa « profonde préoccupation ».