Etats-Unis: Donald Trump aurait bien été au courant des actions pour acheter le silence d'une ex-playmate et d'une ex-actrice X

JUSTICE Des documents judiciaires dévoilés ce jeudi montrent que le président américain était dans la boucle. Pour autant, le dossier a été clos par la justice

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump à Washington, le 9 juillet 2019.
Donald Trump à Washington, le 9 juillet 2019. — Michael Brochstein/Sipa USA/SIPA
  • Les documents rendus publics ce jeudi font état de nombreux échanges entre l'ancien avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, le président américaine et son ancienne proche conseillère Hope Hicks, au moment des négociations avec l'ancienne actrice porno Stormy Daniels et l'ancienne playmate Karen McDougal.
  • Depuis, Michael Cohen a notamment été condanmé pour avoir orchestré ces paiements en violation des lois sur le financement des campagnes électorales bien qu'il ait assuré avoir agi à la demande de Donald Trump.
  • Malgré les révélations contenus dans ces documents, la justice a décidé de clore le dossier et aucune nouvelle inculpation n'aura donc lieu.

Des documents judiciaires rendus publics jeudi lient Donald Trump aux efforts déployés pendant la campagne présidentielle de 2016 pour acheter le silence de deux femmes qui menaçaient de révéler de vieilles liaisons présumées.

Ces documents ont été rédigés en 2018 pour demander l'émission d'un mandat de perquisition chez l'avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, qui a joué un rôle central dans les paiements effectués à l'actrice de films X Stephanie Clifford (alias Stormy Daniels) et à l'ex-playmate Karen McDougal.

Michael Cohen condamné à trois ans et demi de prison

Ils font état de nombreux échanges entre Michael Cohen, Donald Trump et son ancienne proche conseillère Hope Hicks, au moment des négociations. « Sur la base du calendrier des appels (...) et du contenu des messages par SMS et courriel, je pense qu'au moins une partie de ces communications portait sur le besoin d'empêcher (Stephanie) Clifford de parler publiquement », écrit un enquêteur.

Depuis, Michael Cohen a été condamné à trois ans et demi de prison pour, entre autres, avoir orchestré ces paiements en violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Il a assuré avoir agi à la demande expresse du candidat républicain.

Le dossier est clos, pas de nouvelles inculpations

Donald Trump a soit nié avoir été au courant, soit assuré que ces paiements n'étaient pas illégaux. Les documents révélés jeudi mettent à mal sa défense.

Bien qu'ils disposent de ces échanges troublants, les procureurs ont annoncé mercredi la clôture du dossier, sans procéder à de nouvelles inculpations.

La défense de Donald Trump se frotte les mains

Dans la foulée, un juge leur a ordonné de rendre publics les éléments de leur enquête. « Les violations des lois sur le financement des campagnes sont un sujet d'importance nationale », a écrit le juge William Pauley. « Maintenant que le gouvernement a terminé son enquête, il est temps que les Américains aient l'opportunité de consulter ces documents », a-t-il ajouté.

L'avocat de Donald Trump, Jay Sekulow, s'est réjoui jeudi de la fin des investigations. « Nous maintenons depuis le début que le président n'a jamais été impliqué dans une violation des lois de financement de la campagne », a-t-il dit dans un communiqué.

« Il existait de nombreuses preuves matérielles pour inculper Donald Trump »

Cette lecture des faits est « malhonnête », a rétorqué Michael Cohen dans un communiqué publié par un porte-parole. « La conclusion de l'enquête (...) devrait être une grande source d'inquiétude pour les Américains », a-t-il ajouté depuis sa prison.

Le président démocrate de la commission du Renseignement, Adam Schiff, s'est demandé si la décision du ministère de la Justice de refermer le dossier était motivée par le souhait de protéger le président. « La conclusion inévitable à partir de tous les documents publics désormais disponibles est qu'il existait de nombreuses preuves matérielles pour inculper Donald Trump des mêmes chefs d'accusation d'infraction aux lois électorales auxquels Michael Cohen a plaidé coupable et pour lesquels il est actuellement en prison », a estimé Adam Schiff dans un communiqué.