Nucléaire iranien: Hassan Rohani appelle Emmanuel Macron à intensifier les efforts pour sauver l'accord

DIPLOMATIE Le président iranien s'est entretenu au téléphone avec Emmanuel Macron 

Manon Aublanc

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Emmanuel Macron et Hassan Rohani le 18/09/2017 à New-York.
Emmanuel Macron et Hassan Rohani le 18/09/2017 à New-York. — LUDOVIC MARIN / AFP

Dans une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron, ce jeudi, le président iranien Hassan Rohani a appelé l’Europe à « intensifier ses efforts »​ pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien, selon la présidence iranienne. « La République islamique d’Iran est déterminée à garder ouverts tous les canaux permettant de préserver » cet accord conclu à Vienne en 2015 et dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018, a dit Hassan Rohani.

« L’Europe doit intensifier ses efforts en vue de réaliser les attentes légitimes de l’Iran et d’obtenir un cessez-le-feu dans la guerre économique des Etats-Unis » contre l’Iran, a-t-il ajouté. « La partie européenne et la partie iranienne (à l’accord) doivent essayer de prendre des mesures équilibrées en vue de sauver » ce pacte.

L’Elysée œuvre pour une « pause » dans l’escalade entre Téhéran et Washington

« Il y a des gens aux Etats-Unis qui ne veulent pas voir réussir les tentatives de maintenir » l’accord, a encore dit Hassan Rohani, avertissant que « le temps qui passe et les occasions manquées (finiront par forcer) l’Iran à mettre en œuvre (la) troisième étape » de son plan de réduction de ses engagements pris à Vienne.

Le 11 juillet, le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne s’est entretenu avec Hassan Rohani à Téhéran ainsi qu’avec plusieurs responsables iraniens. L’Elysée a alors indiqué œuvrer en vue d’une « pause » dans l’escalade entre Téhéran et Washington.

Certains engagements non tenus

L’accord conclu entre l’Iran, pays pétrolier, et le Groupe des Six (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) est fragilisé depuis le retrait des Etats-Unis qui ont ensuite rétabli des sanctions économiques. Celles-ci privent la République islamique des bénéfices qu’elle attendait de ce pacte.

Après avoir en vain demandé aux autres parties à l’accord de garantir ses intérêts malgré les sanctions américaines, Téhéran a commencé en mai à s’affranchir progressivement de certains de ses engagements, indiquant vouloir de la sorte forcer ses partenaires à prendre leurs responsabilités pour sauver le pacte.

Des sanctions internationales qui « asphyxient » l’économie iranienne

Conséquence de cette décision, les réserves d’uranium enrichi iraniennes ont dépassé début juillet la limite imposée​ par l’accord (300 kg) et l’Iran enrichit désormais l’uranium au taux de 4,5 %, au-delà du maximum auquel elle a consenti en 2015.

L’Iran a aussi menacé de s’affranchir d’autres engagements début septembre (la « troisième étape » mentionnée par Hassan Rohani) si les Européens ne trouvent pas un moyen de contourner les sanctions américaines afin de vendre son pétrole. Par l’accord de Vienne, Téhéran a accepté de brider son programme nucléaire en échange d’un allégement des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie.