Etats-Unis: En campagne, Donald Trump fait huer quatre élues démocrates qui «détestent» l'Amérique

ELECTIONS Il les avait déjà visées récemment dans des tweets, dans lesquels il leur conseillait de « retourner » chacune dans son pays

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump, le président des Etats-Unis, le 17 juillet 2019 en Caroline du Nord.
Donald Trump, le président des Etats-Unis, le 17 juillet 2019 en Caroline du Nord. — Nicholas Kamm / AFP

Quatre femmes démocrates ont été huées par la foule lors d’un meeting de Donald Trump à Greenville en Caroline du Nord.  De retour sur les estrades de campagne pour la présidentielle de 2020, le président des Etats-Unis a poursuivi ce jeudi ses attaques contre ces élues qui, selon lui, « détestent » l’Amérique.

« Ces idéologues de gauche (…) veulent détruire notre Constitution, supprimer les valeurs sur lesquelles notre magnifique pays a été bâti », a-t-il lancé. « Ce soir, nous renouvelons notre détermination à ne pas voir l’Amérique devenir un pays socialiste », a-t-il ajouté. Devant une marée de casquettes rouges « Make America Great Again », il a cité les quatre élues démocrates issues de minorités auxquelles il avait conseillé dans un tweet de « retourner » chacune dans son pays d’origine.

De « méchantes jeunes élues socialistes »

« Renvoyez-la ! Renvoyez-la ! » s’est mise à scander la foule lorsque Donald Trump a évoqué Ilhan Omar, l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, qui a créé la controverse avec des commentaires sur Israël jugés antisémites par de nombreux élus.

Très agressif vis-à-vis des quatre femmes qu’il qualifie désormais de « méchantes jeunes élues socialistes », Donald Trump s’est montré particulièrement ironique en évoquant Alexandria Ocasio-Cortez, jeune représentante de New York. « Je n’ai pas le temps de prononcer trois noms, on va l’appeler Cortez… », a lancé le président des Etats-Unis. La très médiatique « AOC », benjamine de la Chambre des représentants, a déclenché une polémique mi-juin en comparant les camps de rétention pour migrants érigés à la frontière sud des Etats-Unis à des « camps de concentration ».

Echec de la procédure de destitution

S’il galvanise sa base électorale, le milliardaire républicain fait un pari risqué en alimentant les tensions raciales et idéologiques et en creusant la division de l’Amérique. Ce faisant, il renonce clairement à se poser en rassembleur et mise plus que jamais sur la mobilisation de l’électorat blanc.

Pour les quatre élues démocrates, interrogées ensemble sur CBS, tout ceci est d’abord une manœuvre politique de la part du président américain. « C’est une manière de faire diversion (…) pour ne pas parler des questions qui préoccupent véritablement les Américains », a souligné Ayanna Pressley.

Le milliardaire républicain de 73 ans, qui visera en novembre 2020 un second mandat de quatre ans, s’est aussi réjoui lors de son meeting mercredi soir de l’échec au Congrès, un peu plus tôt dans la journée, d’une motion appelant au lancement d’une procédure de destitution contre lui. Cette motion a été rejetée à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates, illustrant la division qui règne au sein de l’opposition sur cette question. Le locataire de la Maison blanche a salué l’échec de cette résolution, « le projet le plus ridicule qui soit ». La Chambre des représentants a également adopté mardi soir une motion condamnant des propos « racistes » du président américain.