Etats-Unis: «C'est les Kurdes et qui?»... Trump pas au point lors de sa rencontre avec la Yazidie Nadia Murad

LACUNES Nadia Murad a fait partie des milliers de femmes et de petites filles yazidies enlevées et réduites à l’esclavage par le groupe terroriste Daesh

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et la prix Nobel de la Paix Nadia Murad, le 17 juillet 2019 à Washington.
Donald Trump et la prix Nobel de la Paix Nadia Murad, le 17 juillet 2019 à Washington. — Alex Brandon/AP/SIPA

Nadia Murad contrainte de donner une leçon de géopolitique au président des Etats-Unis. La Prix Nobel de la paix 2018 est venue plaider la cause des Yazidis d’Irak auprès de Donald Trump, pas au point sur son histoire ni celle de son peuple.

Nadia Murad, qui a fait partie des milliers de femmes et de petites filles yazidies enlevées et réduites à l’esclavage par le groupe terroriste Daesh lorsqu’il s’est emparé de pans entiers de l’Irak en 2014, se trouvait dans le Bureau ovale avec un groupe de personnes ayant survécu à la persécution religieuse, venues rencontrer Donald Trump en marge d’une grande rencontre au département d’Etat.

Alors que Nadia Murad racontait comment sa mère et ses six frères avaient été tués et précisait que 3.000 Yazidis restaient portés disparus, le président américain lui a dit : « Et vous avez eu le prix Nobel ? C’est incroyable. Ils vous l’ont donné pour quelle raison ? » Après une courte pause, Nadia Murad, qui partage son Nobel avec le Congolais Denis Mukwege, a répété son histoire.

« Je connais très bien la région »

« Après tout ce qui m’est arrivé, je n’ai pas baissé les bras. Je dis clairement à tout le monde que l’EI [le groupe Etat islamique, autre nom de Daesh] a violé des milliers de femmes yazidies », a-t-elle affirmé. « S’il vous plaît, faites quelque chose. Ça ne concerne pas qu’une seule famille », a-t-elle dit à l’adresse du président américain. Le milliardaire républicain a aussi semblé ne pas maîtriser le sujet quand la jeune femme lui a demandé de presser les gouvernements irakien et kurde de créer les conditions nécessaires au retour des Yazidis chez eux.

« Mais l’EI est parti et maintenant c’est les Kurdes et qui ? » a demandé Donald Trump. Avant de lui dire un peu plus tard : « Je connais très bien la région ». Le président américain ne semblait pas non plus familier des questions liées aux Rohingyas lorsqu’il a rencontré, à la même occasion, un représentant de cette minorité musulmane visée par une répression meurtrière il y a deux ans en Birmanie, assimilée par des enquêteurs de l’ONU à un « génocide ».

Pourtant, la veille, son administration avait annoncé des sanctions à l’encontre du chef de l’armée et de trois autres responsables militaires birmans pour le « nettoyage ethnique » des Rohingyas. Le gouvernement de Donald Trump parle souvent de la nécessité de promouvoir la liberté religieuse, une affaire cruciale pour beaucoup au sein de ses partisans chrétiens évangéliques.