Crash du vol MH17: Cinq ans après l'accident, les proches des victimes réclament toujours justice

ENQUETE Pour le cinquième anniversaire du drame, des commémorations doivent être organisées aux Pays-Bas et en Malaisie

20 Minutes avec AFP

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Recherches près du site du crash du MH17 en Ukraine le 11 novembre 2014.
Recherches près du site du crash du MH17 en Ukraine le 11 novembre 2014. — Mstyslav Chernov/AP/SIPA

Cinq ans après le crash du vol MH17, abattu par un missile au-dessus de l’Ukraine, les familles des victimes doivent se rassembler, ce mercredi, pour réclamer à nouveau justice.

Le 17 juillet 2014, le Boeing de la Malaysia Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur, est touché en plein vol par un missile au-dessus de la zone de conflit armé dans l’est séparatiste prorusse de l’Ukraine. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, et les 15 membres d’équipage meurent tous sur le coup.

Commémorations et minute de silence

Les commémorations organisées aux Pays-Bas et en Malaisie se déroulent moins d’un mois après l’annonce par les enquêteurs internationaux du procès en mars prochain de trois Russes et un Ukrainien accusés d’avoir causé le crash. Les familles néerlandaises en deuil se retrouveront dans l’après-midi sur le site du monument dédié aux victimes de la catastrophe, inauguré en 2017 à quelques kilomètres de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, d’où le Boeing avait décollé.

Situé dans le parc de Vijhuizen, le mémorial est composé de 298 arbres plantés pour chacune des victimes, ainsi que de tournesols cultivés à partir de graines provenant des champs ukrainiens où l’épave de l’appareil avait été retrouvée. « Dans ce lieu unique de chagrin, la lecture des noms de toutes les victimes est à nouveau essentielle », a indiqué une association de victimes dans un communiqué. A Kuala Lumpur, une minute de silence sera observée à 13 h, heure locale, avec des proches de Malaisiens qui se trouvaient à bord.

Le missile tiré par une brigade antiaérienne russe

« Reconnaissant pour le soutien international à nos efforts communs avec les pays du JIT (équipe d’enquêteurs internationaux) pour parvenir à la justice. Nous continuerons », a promis le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok sur Twitter. « La destruction du MH17 est une page noire de notre histoire récente. Nous ne pourrons jamais oublier les 298 victimes innocentes », a-t-il ajouté.

Les enquêteurs internationaux menés par les Pays-Bas ont établi que le vol MH17 avait été abattu par un missile Bouk de conception soviétique, tiré par une batterie mobile amenée de Russie. En mai 2018, ils ont annoncé que le missile Bouk provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk, dans le sud-ouest de la Russie.

Quatre hauts gradés des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine inculpés

A la suite de ces révélations, les Pays-Bas et l’Australie, dont 38 ressortissants ont péri dans le drame, ont ouvertement imputé à la Russie la mort de leurs concitoyens. Moscou a nié avec véhémence toute implication, rejetant la faute sur Kiev. Les enquêteurs internationaux ont annoncé le 19 juin avoir identifié quatre suspects, qui seront poursuivis pour meurtre par le parquet néerlandais.

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine, seront les premiers à être traduits en justice dans cette affaire. A la suite de cette annonce, le président russe Vladimir Poutine a affirmé qu’il n’y avait « aucune preuve » de l’implication de la Russie, tandis que le Premier ministre malaisien a qualifié ces accusations de « ridicules ».