Etats-Unis: Trump dit à des élues démocrates du Congrès de «retourner» d'où elles viennent

ETATS-UNIS Des responsables du parti ont dénoncé une attaque « raciste » et xénophobe

20 Minutes avec AFP

— 

Les élues du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez et Rashida Tlaib à Washington, le 12 juillet 2019.
Les élues du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez et Rashida Tlaib à Washington, le 12 juillet 2019. — Tom Williams/CQ-Roll Call/Sipa U/SIPA

Le président américain, Donald Trump, a appelé dimanche matin des femmes parlementaires démocrates à « retourner » d’où elles venaient, s’attirant de vives critiques de responsables de ce parti qui l’ont qualifié de « raciste » et xénophobe.

« Tellement intéressant de voir les élues «progressistes» démocrates du Congrès (…) désormais dire haut et fort et de manière perfide à la population des Etats-Unis, la plus grande et la plus puissante nation de la Terre, comment notre gouvernement doit être dirigé », a tweeté le président, estimant que ces élues étaient « originaires de pays dont les gouvernements sont dans une situation totalement catastrophique, les pires, plus corrompus et ineptes au monde (si même ils possèdent un gouvernement qui fonctionne) ».

« Pourquoi ne retournent-elles pas dans ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent pour aider à les réparer », a poursuivi le milliardaire républicain, sans donner de nom. Il faisait très vraisemblablement référence à de jeunes élues du Congrès comme Alexandria Ocasio-Cortez de New York, Ilhan Omar du Minnesota, Ayanna Pressley du Massachusetts ou encore Rashida Tlaib du Michigan.

Et d’ajouter : « Et ensuite elles reviennent et nous montrent comment il faut faire. » « Ces endroits ont vraiment besoin de votre aide, il faut y aller vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi sera très contente de trouver rapidement des voyages gratuits », a-t-il relevé.

« Commentaires xénophobes destinés à diviser notre nation »

La démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a justement été l’une des premières à réagir à cette série de longs tweets. « Je rejette les commentaires xénophobes de@realDonaldTrump qui sont destinés à diviser notre nation », a-t-elle tweeté, dénonçant une « attaque » de la part du président.

« C’est un tweet raciste », a affirmé le démocrate Ben Ray Lujan, l’un des plus hauts responsables hispaniques du Congrès. « Il s’agit de citoyennes américaines élues par les électeurs des Etats-Unis d’Amérique ».

Alexandria Ocasio-Cortez, née à New York, a des origines de Porto Rico qui est un territoire américain. Ilhan Omar est arrivée aux Etats-Unis en tant que réfugiée de Somalie lorsqu’elle était mineure. Et Rashida Tlaib est la première Américaine d’origine palestinienne à siéger au Congrès.

« Attaque antiaméricaine »

« M. le président, le pays dont je «viens» (…) est les Etats-Unis », a tweeté Alexandria Ocasio-Cortez. « En tant que membres du Congrès, le seul pays pour lequel nous prêtons serment est les Etats-Unis », a enchéri Ilhan Omar.

« Je lutte contre la corruption dans NOTRE pays », a insisté de son côté Rashida Tlaib, accusant Donald Trump d’attaquer de façon « dégradante » les populations issues de l’immigration. « C’est à CELA que ressemble le racisme. NOUS sommes ce à quoi ressemble la démocratie », a renchéri Ayanna Pressley sur Twitter.

Plusieurs candidats à l’investiture démocrate dans la course à la Maison-Blanche ont également critiqué le président américain. « Le racisme et la xénophobie n’ont pas leur place en Amérique », a tweeté l’ancien vice-président Joe Biden. La sénatrice Elisabeth Warren a condamné « une attaque raciste et xénophobe » et la sénatrice Kamala Harris a tweeté : « nommons l’attaque raciste du président exactement par ce qu’elle est : antiaméricaine ».

Un tweet «totalement déplacé», «à connotation raciste»

Rompant avec le silence des élus républicains, la sénatrice du Maine Susan Collins a appelé le président milliardaire à revenir sur ses propos. «Le tweet du président où il disait que des élues du Congrès devraient retourner 'd'où elles viennent' était totalement déplacé et devrait être retiré», a-t-elle déclaré.

Peu après, le sénateur noir républicain de Caroline du Sud Tim Scott lui a emboité le pas, dénonçant des propos à «connotation raciste (...) inacceptables».

Ce n’est pas la première fois que le président fait des commentaires controversés en la matière. Selon des propos rapportés début 2018, il a qualifié de « pays de merde » plusieurs nations notamment d’Afrique. Il évoque aussi régulièrement ce qu’il appelle une « invasion » d’immigrés clandestins.