UE: Ursula von der Leyen face au Parlement européen pour son investiture comme présidente de la Commission

VOTE C’est bien le Parlement européen qui doit valider, mardi, la nomination de la ministre de la Défense allemande à la tête de la Commission européenne

20 Minutes avec AFP

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Ursula von der Leyen est la candidate au poste de présidente de la Commission européenne.
Ursula von der Leyen est la candidate au poste de présidente de la Commission européenne. — TOBIAS SCHWARZ / AFP

L’Allemande Ursula von der Leyen, qui espère devenir la première femme à présider la Commission européenne, affronte mardi les votes des eurodéputés à Strasbourg, une partie serrée où les anti-UE pourraient jouer un rôle décisif. Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, cette proche de la chancelière Angela Merkel doit obtenir la majorité absolue au Parlement, soit 374 voix.

Toute la question est de savoir si elle parviendra à faire le plein des voix dans le camp des proeuropéens sans avoir besoin du soutien des eurosceptiques. « Ça va être très difficile pour elle. C’est très compliqué d’avoir un équilibre politique prévisible » dans ce nouveau Parlement issu des élections, estime Eric Maurice, analyste à la Fondation Schuman.

Socialistes et libéraux sont des exigences

Nombre d’eurodéputés ont en effet été frustrés par la façon dont elle a été désignée : après un sommet de trois jours à Bruxelles, riche en rebondissements, les dirigeants de l’UE l’ont choisie le 2 juillet, faisant fi des candidats présentés par le Parlement européen. Certes, le PPE, formation de droite à laquelle elle appartient et qui constitue la principale force de l’Assemblée de Strasbourg avec 182 élus, a promis qu’il voterait pour elle.

Mais les socialistes (154 élus) et les libéraux-centristes de Renew Europe (108 élus), formation à laquelle appartiennent les macronistes français, ne se sont pour l’instant engagés à rien. Ironie de l’histoire, dans le camp des sociaux-démocrates, ce sont précisément les compatriotes d’Ursula von der Leyen, le SPD, partenaires de coalition du gouvernement Merkel, qui sont les plus virulents contre sa candidature.

Les Verts et la gauche de la gauche voteront contre

Les socialistes, comme les libéraux-centristes, prendront leur décision définitive après le discours d’Ursula von der Leyen, 60 ans, et ses réponses au Parlement mardi, ce qui ouvre la voie à toutes les tractations. Les socialistes veulent avant tout qu’elle leur promette de poursuivre la politique sans concession du Néerlandais Frans Timmermans, l’un des leurs, vis-à-vis des pays qui violent l’Etat de droit, la Hongrie et la Pologne, en ne respectant pas par exemple l’indépendance des juges. Frans Timmermans doit rester le premier vice-président de la Commission comme s’y est engagée Ursula von der Leyen.

Les libéraux-centristes, quant à eux, insistent pour que la Danoise Margrethe Vestager, leur candidate à la présidence de la Commission, ait exactement le même rang que Frans Timmermans dans la nouvelle Commission. Alors que les Verts (74 élus) et l’extrême gauche (GUE/NGL, 41 élus) ont d’ores et déjà exclu de voter pour Ursula von der Leyen, les eurosceptiques, divisés en plusieurs groupes, n’ont pas encore totalement décidé.

Crise en vue en cas d’échec

Dans ce vote à bulletins secrets, il se peut que des soutiens d’eurosceptiques à Ursula von der Leyen puissent compenser des défections de pro-européens, reconnaît une source européenne. Il y a cinq ans, le chrétien-démocrate Juncker avait été élu dans un Parlement européen pourtant beaucoup moins fragmenté qu’aujourd’hui, avec 422 voix pour et 250 contre.

Si Ursula von der Leyen avait « moins de 400 voix, ce serait très faible », estime Eric Maurice, rappelant que « l’idée après les élections européennes était d’avoir un président de la Commission soutenu par les quatre principaux partis pro-européens » (PPE, socialistes, libéraux et Verts). En cas d’échec de la ministre allemande de la Défense devant le parlement européen, les dirigeants de l’UE devraient présenter un nouveau candidat. Un scénario de crise dont personne ne veut dans une Union déjà en proie aux difficultés, au premier rang desquelles le Brexit.