Démission d'un ministre de Donald Trump critiqué pour sa gestion de l'affaire Epstein

ETATS-UNIS Quand il était procureur de Floride, Alexander Acosta avait offert une peine très clémente au financier accusé d'abus sexuels sur des dizaines de mineures

P.B. avec AFP

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Le ministre américain du Travail, Alexander Acosta, a annoncé sa démission le 12 juillet 2019, aux côtés de Donald Trump.
Le ministre américain du Travail, Alexander Acosta, a annoncé sa démission le 12 juillet 2019, aux côtés de Donald Trump. — Andrew Harnik/AP/SIPA

La Maison Blanche fait du damage control. Le ministre du Travail Alexander Acosta a démissionné, lundi, alors qu’il était critiqué pour avoir offert une peine très clémente à Jeffrey Epstein, accusé d’abus sexuels sur mineures en Floride il y a 10 ans, quand il était procureur fédéral. Lors d’une conférence de presse, Donald Trump a assuré il s’agissait de la décision de son ministre, mais selon CNN, ce dernier n’avait plus le soutien du président américain, inquiet des conséquences de l’affaire sur sa campagne de réélection.

Acosta, un avocat formé à Harvard, qui a connu une ascension fulgurante, est une victime indirecte de l’affaire Epstein. Le financier américain a été inculpé de « trafic sexuel » sur des dizaines de mineures, lundi. Déjà accusé de faits similaires en Floride il y a 10 ans, il avait évité un procès en plaidant coupable d’une charge mineure, et bénéficié d’une peine aménagée de 12 mois de prison. Elle avait été négociée par le bureau du procureur Acosta.

Passible de 45 ans de prison

Alexander Acosta s’est défendu ces derniers jours. « Notre but était clair : Mettre Epstein en prison, nous assurer qu’il soit inscrit sur la liste des délinquants sexuels, donner aux victimes les moyens de demander réparations ». Mais l’accord négocié avec tenu à l’écart les victimes, et Jeffrey Epstein était en liberté surveillée 16 heures par jour, dormant simplement en prison.

L’affaire a rebondi lundi avec l’arrestation du millionnaire et son inculpation par la justice fédérale, pour des faits présumés commis en Floride mais aussi à New York. Il est accusé d’avoir constitué un réseau tentaculaire de collégiennes et lycéennes poussées à satisfaire son appétit sexuel. « Il m’a violée, brutalement violée », a déclaré Jennifer Araoz, dans un entretien diffusé par NBC, racontant comment elle avait été « recrutée » devant son établissement scolaire à New York par une jeune femme, à l’automne 2001, lorsqu’elle avait 14 ans. Epstein encourt jusqu’à 45 ans de prison.

Les liens avec Donald Trump et Bill Clinton

L’affaire pourrait embarrasser Donald Trump et Bill Clinton, qui ont gravité autour d’Epstein pendant des années. En 2002, le magnat de l’immobilier confiait à New York Magazine : « Je connais Jeff depuis 15 ans. C’est un mec super, on passe toujours un bon moment à ses côtés. On dit de lui qu’il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup parmi elles sont assez jeunes. » Bill Clinton, lui, a été un passager à 26 reprises à bord du jet privé d’Epstein, surnommé par les tabloïds britanniques le « Lolita Express ».

Depuis, les deux hommes ont pris leur distance. « Je n’étais pas un fan de Jeffrey Epstein. Ce n’est pas quelqu’un que je respectais », a assuré Donald Trump. Bill Clinton, lui, a déclaré qu’il ne « savait rien des terribles crimes » dont le millionnaire est accusé, soulignant qu’il ne s’était jamais rendu à sa résidence de Floride ou sur son île de St James.