Etats-Unis: Evacuations à la Nouvelle-Orléans avant l'arrivée de la tempête tropicale Barry

OURAGAN Barry pourrait devenir un ouragan d'ici samedi, et les pouvoirs publics font tout pour éviter une catastrophe comme lors de Katrina

20 Minutes avec AFP

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La tempête Barry devrait déferler sur la Nouvelle-Orleans samedi.
La tempête Barry devrait déferler sur la Nouvelle-Orleans samedi. — Matthew Hinton/AP/SIPA

Des milliers d'habitants de Louisiane évacuaient vendredi les zones côtières avant l'arrivée de la tempête tropicale Barry, qui menace de se transformer en ouragan et devrait déverser des trombes d'eau potentiellement dévastatrices sur cet Etat du sud des Etats-Unis.

La tempête se trouvait à 170 kilomètres au sud-ouest de l'embouchure du fleuve Mississippi, qui traverse La Nouvelle-Orléans, et avançait lentement vers les côtes, selon le bulletin de 18H00 GMT du Centre national des ouragans (NHC).Barry, qui devrait toucher la côte samedi matin, ravive les souvenirs de l'ouragan Katrina en 2005 qui a dévasté la ville et traumatisé sa population.

« Inondations potentiellement mortelles »

Selon le NHC, la force des vents a augmenté, à 80 km/h, avec de puissantes rafales, et la tempête va entraîner des « inondations potentiellement mortelles » dans les zones côtières et le long des fleuves.

Les services météorologiques de la Nouvelle-Orléans, ville située en dessous du niveau de la mer, ont prévenu d’une « menace d’importantes inondations » due à « de fortes pluies (qui) pourraient entraîner des crues soudaines et des crues des principaux cours d’eau potentiellement mortelles ». Les autorités ont rappelé que les inondations étaient responsables de 75 % des décès lors d’un ouragan.

Trump appelle à la prudence

« Il va s’agir d’un épisode de pluie extrême » affectant une grande partie de la Louisiane, a averti le gouverneur de cet Etat du sud, John Bel Edwards, qui a obtenu de Donald Trump une déclaration d’état d’urgence. Cette mesure, décrétée jeudi soir, permet aux agences fédérales de participer aux secours.

Le président américain a exhorté les habitants des zones concernées à suivre les directives des autorités fédérales et locales. « S’il vous plaît, soyez préparés, soyez prudents, et soyez en sécurité », a-t-il tweeté.

Evacuations

La maire de la Nouvelle-Orléans, LaToya Cantrell, a appelé les habitants à rester à l’abri et à rassembler des provisions, et à suivre les dernières prévisions. La tempête se trouvait jeudi à 21h (GMT) à 145 kilomètres au sud-est de l’embouchure du Mississippi. Des ordres d’évacuation obligatoire ont été lancés dans plusieurs comtés.

Le ministère américain de la Sécurité intérieure a de son côté indiqué que les services chargés d’arrêter et d’expulser les immigrés en situation irrégulière ne cibleraient pas les migrants évacués. « Notre priorité est de protéger les vies et d’assurer la sécurité », a souligné le ministère.

Premier ouragan de la saison

Si les prévisions se concrétisent, Barry sera le premier ouragan de la saison dans l’Atlantique, qui va de juin à novembre. La catégorie 1 –  sur l’échelle Saffir-Simpson, qui en compte 5 – affiche des vents d’au moins 119 km/h.

La Nouvelle-Orléans porte encore les stigmates du puissant ouragan Katrina de catégorie 5, fin août 2005. Les digues avaient cédé sous le poids de l’eau, inondant 80 % de la cité et causant un millier de morts, sur un total de plus de 1.800 durant la catastrophe.

Digues et pompes opérationnelles

Le corps du génie de l’armée de terre a précisé que les digues du sud de la ville suscitaient quelques inquiétudes mais semblaient présenter de faibles risques pour la cité elle-même, d’après la chaîne CBS. Un responsable local avait affirmé mercredi que les 118 pompes disséminées à travers la ville étaient opérationnelles en « capacité optimale ».

Les autorités ont lancé dès mercredi un appel aux habitants pour qu’ils nettoient les dispositifs d’écoulement des eaux éventuellement bloqués. L’aéroport international de La Nouvelle-Orléans, principale ville de Louisiane, a prévu de fonctionner jusqu’à ce que les conditions « deviennent dangereuses ou que les infrastructures soient endommagées ».