Sea-Watch: Carola Rackete avait demandé à accoster à Marseille mais n'avait jamais eu de réponse

MIGRANTS La capitaine allemande du navire humanitaire a été arrêtée la semaine dernière pour avoir accosté de force sur l'île de Lampedusa (Italie)

20 Minutes avec agence

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L'Allemande Carola Rackete sur le Sea-Watch 3, le 26 juin 2019.
L'Allemande Carola Rackete sur le Sea-Watch 3, le 26 juin 2019. — Alessandro Serrano'/AGF/SIPA

Carola Rackete aurait cherché à accoster en France. La capitaine allemande du navire humanitaire Sea-Watch 3, qui avait secouru des migrants la semaine dernière en Méditerranée, s’est confiée ce lundi lors d’une interview accordée à L’Obs.

La capitaine avait décidé de débarquer les réfugiés sur l’île de Lampedusa (Italie), le 26 juin, forçant le blocus italien qui maintenait le navire en mer depuis plusieurs jours. « Si c’était à refaire, je le referais, explique celle qui a récemment été libérée par la justice italienne. J’ai souffert du fait que les autorités européennes nous aient abandonnés. L’Italie bien sûr, mais aussi Malte, la France. »

« Ce n’est pas un accident si ces gens meurent »

« Nous avions contacté le port de Marseille pour savoir si nous pouvions accoster. La demande a été transmise au préfet, jusqu’au président de la République, poursuit la capitaine de 31 ans. Mais personne n’est jamais revenu vers nous. »

Carola Rackete déplore le manque d’engagement de l’UE. « Ce n’est pas un accident si ces gens meurent. C’est une décision politique, dénonce-t-elle, soutenant que l’action humanitaire des bateaux comme le Sea-Watch est « nécessaire ». « Non seulement l’UE regarde mais elle soutient les garde-côtes libyens. C’est un drame. »

Elle accuse les gouvernements européens de « criminaliser » les ONG qui sauvent les migrants en Méditerranée. « Leur argument est que nous incitons à la traversée. Mais ce n’est pas vrai ! », explique-t-elle. « Quand les navires de sauvetage ne sont plus là, il n’y a pas moins de tentatives de traversée. Il y a juste plus de morts. »