Le torchon diplomatique brûle entre Donald Trump et Londres

ETATS-UNIS Le président américain a critiqué Theresa May et l’ambassadeur britannique à Washington, après la fuite de câbles diplomatiques peu flatteurs

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump et Theresa May lors d'un dîner à Londres, le 4 juin 2019.
Donald Trump et Theresa May lors d'un dîner à Londres, le 4 juin 2019. — WPA Pool/Getty Images/REX/SIPA

Donald Trump règle ses comptes. Le président américain s’en est pris lundi avec une extrême virulence à la Première ministre britannique sortante Theresa May, après la fuite de câbles diplomatiques critiques à son égard. A Londres, le gouvernement recherchait le ou les responsables ayant permis la publication par le Mail on Sunday de rapports confidentiels transmis par Kim Darroch, ambassadeur britannique à Washington, dans lesquels il qualifiait le locataire de la Maison-Blanche d'« instable » et d'« incompétent ».

Visiblement furieux du soutien apporté par May à Darroch, le milliardaire républicain a pris la dirigeante britannique pour cible, se réjouissant ouvertement, et de façon fort peu diplomatique, de son prochain départ. « Je suis très critique de la façon dont le Royaume-Uni et la Première ministre Theresa May ont géré le Brexit », a-t-il tweeté, la désignant comme responsable de la « pagaille » actuelle. « Je lui ai dit comment il fallait procéder mais elle a décidé de faire différemment », a-t-il ajouté, avant de s’en prendre dans la foulée à Kim Darroch. « Je ne connais pas l’ambassadeur, mais il n’est ni aimé ni bien vu aux Etats-Unis. Nous n’aurons plus de contacts avec lui ». La réponse de Downing Street n’a pas tardé : « Sir Kim Darroch a toujours le plein soutien de la Première ministre », a assuré un porte-parole.

« Son travail d’ambassadeur »

Pour l’europhobe et populiste Nigel Farage, à la tête du Parti du Brexit, « le plus tôt » Kim Darroch sera parti, « le mieux ce sera ». Si Jeremy Hunt a apporté son soutien au diplomate britannique basé à Washington, il a souligné que ses opinions ne concernaient que lui. « L’ambassadeur faisait son travail d’ambassadeur, à savoir donner des rapports francs et des opinions personnelles sur ce qui se passe dans le pays où il travaille, pas les opinions du gouvernement britannique, pas les miennes. »

Après l’échec de Theresa May à mettre en œuvre le Brexit, le Parti conservateur doit se choisir un nouveau dirigeant et chef de gouvernement, dont le nom sera connu le 23 juillet. Il lui incombera la mission du divorce avec l’Union européenne mais aussi l’instauration de futures relations commerciales.

Et les yeux des deux candidats en lice, Boris Johnson et Jeremy Hunt, sont rivés sur les Etats-Unis. Le mois dernier, lors de sa visite d’Etat au Royaume-Uni, le président américain avait fait miroiter un accord commercial « extraordinaire » avec Londres après le Brexit. Les fuites peuvent-elles changer les projets de l’imprévisible Donald Trump ?

Liam Fox, en déplacement cette semaine aux Etats-Unis, s’est voulu rassurant en estimant que ces fuites n’empêchaient pas de « préparer le terrain » pour un futur accord. Visiblement désireux de bien marquer son mécontentement vis-à-vis de Theresa May, Donald Trump a, dans son tweet lundi, dit combien il avait apprécié sa « merveilleuse visite d’Etat » au Royaume-Uni en juin, en prenant soin de préciser qu’il avait « surtout été impressionné » par la reine.