Qui est le Jeffrey Epstein, le millionnaire lié à Donald Trump et Bill Clinton inculpé d'exploitation sexuelle de mineures?

ETATS-UNIS Connecté à de nombreuses personnalités du monde politique, ce banquier d'affaires risque 45 ans de prison

P.B. avec AFP

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Le financier américain Jeffrey Epstein a été inculpé le 8 juillet 2019 d'exploitation sexuelle de mineures.
Le financier américain Jeffrey Epstein a été inculpé le 8 juillet 2019 d'exploitation sexuelle de mineures. — Police/Sipa

La justice rattrape Jeffrey Epstein. Ce financier américain proche d’hommes politiques et de célébrités a été inculpé lundi à New York d’exploitation sexuelle sur des dizaines de mineures. En 2008, il avait été condamné à une peine aménagée de 13 mois en Floride. Mais cette fois, il fait face à la justice fédérale, à New York et risque 45 ans de prison. L’affaire pourrait faire ressortir ses liens avec de nombreuses personnalités, notamment le Prince Andrew, Bill Clinton et Donald Trump. En 2002, le magnat de l’immobilier avait qualifié Epstein de « mec super, qui aime les femmes assez jeunes. »

Qui est Jeffrey Epstein ?

C’est un banquier d’affaires, notamment passé par Bear Stern avant de fonder son propre fonds d’investissement spéculatif dans les années 80. Certains médias américains le présentent comme un « milliardaire » mais Forbes ne l’a jamais inclus dans sa liste, expliquant que son entreprise basée dans les îles vierges américaines n’a jamais publié de résultats ou de listes de clients.

De quoi est-il accusé ?

Il a été inculpé de deux chefs, exploitation sexuelle de mineures et conspiration liée à une exploitation sexuelle, qui pourraient lui valoir jusqu’à 45 ans de prison s’il était reconnu coupable.

Epstein, 66 ans, a plaidé non coupable lors d’une audience lundi à la mi-journée au tribunal fédéral de Manhattan. Selon l’acte d’accusation, entre 2002 et 2005 au moins, il faisait venir des dizaines de mineures, certaines âgées de 14 ans, dans ses résidences de Manhattan et de Palm Beach (Floride) « pour se livrer à des actes sexuels avec lui, après quoi il leur donnait des centaines de dollars en liquide ». « Il touchait [ses victimes présumées] avec ses mains ou des sex toys et se masturbait pendant qu’elles le touchaient », selon le Parquet.

Une peine aménagée de 13 mois en en Floride il y a 10 ans

En 2008, Jeffrey Epstein avait fait face à des accusations similaires en Floride. Mais à la surprise générale, le procureur général de l’Etat avait accepté un accord à l’amiable. L’homme d’affaires avait plaidé coupable de sollicitation de prostituée mineure et purgée une peine aménagée de 13 mois de prison le laissant en liberté 16 heures par jour. Le procureur de l’époque, Alexander Acosta est aujourd’hui le ministre du Travail du gouvernement Trump et se trouve sous pression, alors qu’une enquête sur sa gestion a été ouverte. Si l’affaire rebondit au niveau fédéral aujourd’hui, c’est notamment grâce à une longue enquête du Miami Herald, en novembre dernier, qui donnait la parole à plusieurs victimes présumées.

Des liens avec Donald Trump, Bill Clinton et le prince Andrew

Jeffrey Epstein cultivait des liens étroits avec les puissants du monde. Donald Trump l’a notamment invité à sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, en février 2000 – on voit Epstein en photo aux côtés de Donald et de la future Melania Trump.

En 2002, le magnat de l’immobilier confiait à New York Magazine : « Je connais Jeff depuis 15 ans. C’est un mec super, on passe toujours un bon moment à ses côtés. On dit de lui qu’il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup parmi elles sont assez jeunes. »

Bill Clinton, lui, a été un passager à 26 reprises à bord du jet privé d’Epstein, surnommé par les tabloïds britanniques le « Lolita Express ». L’homme d’affaires comptait également le prince Andrew parmi ses proches. Une victime présumée, Virginia Robert, affirme avoir eu des relations sexuelles avec le prince Andrew quand elle avait 17 ans, et avoir été payée 15.000 dollars par Epstein, qui, selon elle, la « mettait à disposition » de ses amis de la Jet Set. Buckingham Palace avait à l’époque démenti mais le frère cadet de Charles a toujours refusé de témoigner sous serment devant les autorités américaines.