Etats-Unis: Les Pussy Riot en concert en Alabama pour dénoncer la loi anti-avortement

PROTESTATION Le groupe russe veut « soutenir les femmes qui sont dans une position très critique et vulnérable en ce moment » alors que l’Alabama a adopté une loi interdisant la quasi-totalité des avortements

20 Minutes avec agences

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Les Pussy Riot en concert à Columbus (Ohio), le 23 mai 2019.
Les Pussy Riot en concert à Columbus (Ohio), le 23 mai 2019. — John D Shearer/REX/SIPA

Les Pussy Riot, groupe contestataire et féministe russe, joueront ce jeudi à guichets fermés Birmingham, en Alabama ( Etats-Unis) pour soutenir le droit à l’ avortement. Les recettes de ce concert devraient aller à Planned Parenthood, la grande association américaine de planning familial, et au Yellowhammer Fund, un groupe qui aide les femmes voulant avorter dans une des trois cliniques de cet Etat.

L’Alabama a adopté en mai une loi interdisant la quasi-totalité des avortements, même en cas de viol ou d’inceste, les assimilant à un homicide. La mesure, ultra-controversée, est censée entrer en vigueur en novembre mais devrait être bloquée par la justice d’ici là car elle enfreint la jurisprudence de la Cour suprême des Etats-Unis qui a légalisé l’avortement en 1973.

Des lois qui émanent d’hommes politiques « en colère »

« Je trouve ridicule qu’en 2019 on se demande encore si une femme peut avorter », a indiqué la cofondatrice des Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova. « Nous voulons venir en Alabama pour soutenir les femmes qui sont dans une position très critique et vulnérable en ce moment (…). Beaucoup d’Américains pensent que la Russie est une société patriarcale, et c’est vrai à beaucoup d’égards, mais quand il s’agit d’avortement, au moins la question ne se pose pas. »

Si les Etats-Unis semblent « revenir en arrière », la militante russe se dit néanmoins encouragée par « un mouvement féministe plus fort qu’à tout autre moment ». Pour elle, ce genre de lois émanent d’hommes politiques « en colère, désespérés car ils sentent que leur règne touche à sa fin ».

Plusieurs actions d’éclat

Les Pussy Riot se sont rendues célèbres par des actions d’éclat très politiques. En 2012, elles avaient notamment chanté une prière anti-Poutine dans une cathédrale de Moscou. Nadejda Tolokonnikova avait alors été condamnée à deux ans de prison, dans des conditions de détention qu’elle avait jugées proches de « l’esclavage ». Les Pussy Riot sont aussi connues pour leur défense de la communauté gay, harcelée par les autorités russes.

« J’aime aller dans des endroits où il n’est pas super-évident pour nous de jouer », indique encore Nadejda Tolokonnikova. « Je veux soutenir les progressistes qui ont décidé de rester en Alabama et d’en faire (un Etat) plus progressiste et plus ouvert. Si je peux contribuer ne serait-ce qu’un peu, je serai heureuse. »