Italie: La capitaine allemande Carola Rackete va porter plainte contre Matteo Salvini pour diffamation

INSULTES Carola Rackete a forcé l’interdiction d’accoster sur les côtes italiennes avec le bateau Sea-Watch 3, transportant des migrants secourus en Méditerranée

20 Minutes avec AFP

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L'Allemande Carola Rackete sur le Sea-Watch 3, le 26 juin 2019.
L'Allemande Carola Rackete sur le Sea-Watch 3, le 26 juin 2019. — Alessandro Serrano'/AGF/SIPA

Ils s’affrontent par médias interposés depuis plusieurs jours… L’affaire va désormais faire l’objet d’une enquête. Carola Rackete, la capitaine du navire humanitaire Sea-Watch va porter plainte pour diffamation contre le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, qui l’a insultée à plusieurs reprises.

« Nous avons déjà préparé la plainte contre le ministre Salvini », a déclaré l’avocat de Carola Rackete, Me Alessandro Gamberini, sur une radio italienne, assurant que ce n’était « pas facile de faire l’inventaire de toutes les insultes formulées par monsieur Salvini ces dernières semaines ». « Dans le circuit de ces lions du clavier habitués aux insultes, c’est lui qui remue les eaux troubles de la haine. Une plainte pour diffamation est un moyen de lancer un signal », a-t-il ajouté.

Libérée pour avoir sauvé des vies

« Elle enfreint les lois et attaque des navires militaires italiens, et ensuite, elle porte plainte contre moi », a réagi le ministre italien sur les réseaux sociaux. « Je n’ai pas peur des mafieux, alors imaginez une communiste allemande riche et gâtée… Gros bisous ».

Aux commandes du Sea-Watch, Carola Rackete a été arrêtée après avoir accosté de force la semaine dernière sur l’île italienne de Lampedusa pour débarquer 40 migrants secourus en mer et bloqués à bord pendant plus de deux semaines. Mardi, une juge italienne a invalidé son arrestation, au motif qu’elle avait agi pour sauver des vies.

Deux enquêtes distinctes, pour résistance à un officier et pour aide à l’immigration clandestine, continuent cependant de peser sur elle. Pendant toute la durée de la crise, Matteo Salvini a multiplié les déclarations et les tweets furieux à son égard, la décrivant comme une « emmerdeuse », une « criminelle », une « pauvre femme qui a seulement essayé de tuer cinq militaires italiens »…