Méditerranée: Un voilier d'ONG italienne sauve 54 migrants sur un canot pneumatique

SAUVETAGE Matteo Salvini a encouragé le voilier à éviter les côtes italiennes et accoster en Libye ou en Tunisie

20 Minutes avec agences

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Illustration de migrants sécourus dans le Méditerranée. Un naufrage a fait au moins huit morts au large de la Turquie lundi 17 juin 2019.
Illustration de migrants sécourus dans le Méditerranée. Un naufrage a fait au moins huit morts au large de la Turquie lundi 17 juin 2019. — Darko Bandic/AP/SIPA

Le collectif italien Mediterranea a annoncé ce jeudi avoir secouru 54 migrants au large de la Libye, en Méditerranée. Les naufragés, récupérés à bord d’un canot pneumatique, avaient appelé le numéro d’urgence du réseau allemand Alarm Phone.

Ce dernier a signalé leur position à l’Alex, un voilier de 18 mètres affrété par l’ONG italienne. Contactés par le voilier, les garde-côtes italiens ont annoncé qu’une vedette libyenne se portait au secours des migrants, mais le voilier est arrivé en premier.

Salvini monte encore au créneau

« Les 54 naufragés ont été sauvés », a annoncé le collectif Mediterranea. « Parmi eux, 11 femmes (dont trois enceintes) et quatre enfants. La vedette libyenne est arrivée tard, elle nous a d’abord ordonné de nous arrêter puis s’est éloignée. […] Nous sommes heureux d’avoir arraché 54 vies humaines à l’enfer libyen. »

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, s’est immédiatement opposé à leur débarquement en Italie. « Si cette ONG tient vraiment à la sécurité des immigrés, qu’elle fasse route vers le port le plus proche, a-t-il déclaré. Sinon qu’elle sache que nous activerons toutes les procédures pour éviter que le trafic d’êtres humains n’atteigne l’Italie. »

La Libye et la Tunisie pas envisageables

Les ONG refusent de raccompagner les migrants en Libye, où ils sont enfermés et risquent de nouvelles violences ou actes de torture. Un débarquement en Tunisie est aussi exclu : les autorités ont récemment bloqué plusieurs semaines des navires commerciaux ayant secouru des migrants, et n’ont accepté leur débarquement qu’à condition qu’ils repartent vers leur pays d’origine, sans réelle possibilité de demander l’asile.

Ce mardi au soir, une juge italienne a invalidé l’arrestation de Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch, qui a forcé le blocus italien pour débarquer des dizaines de migrants sur l’île de Lampedusa. La juge a estimé que la Libye et la Tunisie n’étaient pas des pays sûrs pour l’accueil de migrants.