Accidents 737 MAX: Boeing verse des millions aux proches des victimes

ACCIDENTS Deux avions se sont écrasés en moins de six mois d’intervalle, l’un en Indonésie, le second en Ethiopie, ne laissant aucun survivant

20 Minutes avec AFP

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Des Boeing 737 MAX stockés sur un parking à Seattle, aux Etats-Unis en attendant de pouvoir voler.
Des Boeing 737 MAX stockés sur un parking à Seattle, aux Etats-Unis en attendant de pouvoir voler. — STEPHEN BRASHEAR / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le géant aéronautique américain Boeing a annoncé ce mercredi le versement de 100 millions de dollars aux familles des victimes des deux accidents de son avion 737 MAX, qui ont fait 346 morts. Critiqué de toutes parts, le constructeur fait face à une grave crise de confiance.

« Ces fonds vont aider à financer l’éducation, les dépenses quotidiennes et le préjudice subi par les familles des victimes et serviront aussi à financer des programmes communautaires et le développement économique dans les communautés touchées », précise Boeing dans un communiqué. Le constructeur, très critiqué pour sa gestion de ces deux tragédies et accusé de manquements en matière de sécurité pour son avion vedette, a indiqué que les fonds seront versés sur « de nombreuses années ».

Le système anti-décrochage pointé du doigt

Le montant représente un peu moins que le prix catalogue d’un 737 MAX, dont tous les modèles sont cloués au sol dans le monde entier après l’accident d’un vol d’Ethiopian Airlines, qui s’est produit quelques mois seulement après celui de Lion Air en Indonésie. Le communiqué se présente comme un acte de contrition. « Chez Boeing, nous sommes vraiment désolés de la perte tragique de vies dans ces deux accidents et ces pertes en vies humaines vont peser lourdement dans nos cœurs et nos esprits dans les années à venir », a écrit Dennis Muilenburg, le PDG du constructeur.

« Nous adressons nos plus vives sympathies aux familles et aux proches de ceux qui se trouvaient à bord et nous espérons que ce premier geste va aider à apporter du réconfort », a-t-il ajouté. « Nous savons que toute personne qui monte à bord d’un de nos avions place sa confiance en nous. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour regagner la confiance de nos clients et des voyageurs dans les mois à venir », a insisté Dennis Muilenburg.

Les conclusions des enquêtes préliminaires ont mis en cause dans les deux accidents un système anti-décrochage, le MCAS, propre au MAX et qui devait aider à donner aux pilotes les mêmes sensations que pour la génération précédente de 737 malgré une nouvelle motorisation et un comportement en vol très différent.

Un nouveau « risque potentiel »

Depuis la mi-mars, les mauvaises nouvelles s’accumulent et les compagnies aériennes qui exploitent le MAX, notamment Southwest Airlines, la principale cliente, et American Airlines aux Etats-Unis, s’attendent désormais à devoir se passer de l’avion au moins jusqu’à l’automne.

Fin juin, l’agence fédérale de l’aviation (FAA), le principal régulateur de l’aérien aux Etats-Unis, lui aussi pointé du doigt pour ses relations étroites avec le constructeur, avait révélé un nouveau problème lié à un microprocesseur du 737 MAX posant un « risque potentiel ». Boeing, qui travaille d’arrache-pied depuis plusieurs semaines sur une mise à jour du MCAS, s’étant refusé à indiquer la nature du problème, il est difficile de dire s’il faut juste une mise à jour du système ou un remplacement des pièces défaillantes. La seconde option retarderait le retour dans le ciel du 737 MAX, car elle « touche au cœur de l’architecture et de la conception de l’avion », estimait alors une source interrogée par l’AFP.

Conséquence : le vol test, nécessaire à une nouvelle certification du MAX, n’aura pas lieu avant le 8 juillet au moins. L’horizon avait pourtant semblé s’éclaircir pendant le grand rendez-vous de l’aéronautique au Bourget, en banlieue de Paris, à la mi-juin. Le constructeur avait alors pu annoncer avoir signé avec le groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling et Aer Lingus) une intention de commande pour 200 appareils 737 MAX. Cela avait été vu comme un vote de confiance donné par une compagnie réputée dans cet appareil crucial pour l’avenir commercial de Boeing.