La corruption, «une catastrophe humanitaire»

CLASSEMENT Depuis 1995, l'ONG Transparency International publie chaque année un indice de perception de la corruption (CPD) classant 180 pays...

V.Z avec agence

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Corruption : les pots de vin restent courant dans de nombreux domaines.
Corruption : les pots de vin restent courant dans de nombreux domaines. — DR

L'Irak, la Somalie, la Birmanie ou encore Haïti… Ce sont les mauvais élèves du classement international 2008 du degré de perception de corruption publié ce mardi à Berlin et établi par l'ONG Transparency International. Les meilleurs de la classe sont le Danemark, la Suède et la Nouvelle-Zélande, suivis de Singapour.

Une «catastrophe humanitaire»

Depuis 1995, l'ONG publie chaque année un indice de perception de la corruption (CPD) classant 180 pays selon l'analyse d'un groupe international d'hommes d'affaires, d'experts et d'universitaires. L'indice va de 10 pour un Etat perçu comme «propre» à zéro pour un Etat perçu comme «corrompu». Alors que les pays considérés les plus «propres recueillent un indice de 9,3 points (Danemark, la Suède et la Nouvelle-Zélande), la Somalie arrive en dernier avec 1 point.

La corruption dans les pays pauvres est une véritable «catastrophe humanitaire» qui tue, avertit l'ONG basée à Berlin. Pour sa présidente, Huguette Labelle, elle peut même être «une question de vie ou de mort». Notamment «quand de l'argent pour des hôpitaux ou de l'eau potable est en jeu», souligne-t-elle dans un communiqué.

La Norvège et le Royaume-Uni en baisse, mais ils sont meilleurs que la France


Le classement peut également révéler des surprises: les plus nets reculs en termes de «propreté» sont ceux de la Bulgarie, du Burundi, des Maldives, de la Norvège et du Royaume-Uni. Si ces deux derniers affichent un résultat en baisse par rapport 2007, la France n’est pas meilleure. Au 18e rang, elle affiche le même résultat que le Chili, avec 6,9 points, derrière les Barbades, Sainte Lucie et les Etats-Unis.

En revanche, des progrès significatifs ont été réalisés par l'Albanie, Chypre, la Géorgie, l'île Maurice, le Nigeria, Oman, le Qatar, la Corée du Sud, Tonga et la Turquie, selon l'ONG.D’ailleurs, l’ONG attire l'attention sur le déclin de certains pays européens qui devraient, selon elle faire davantage pour éviter que leurs entreprises ne cherchent à corrompre les responsables de pays étrangers, ou ferment les yeux sur la provenance de fonds suspects déposés dans leurs établissements financiers.

La nécessité d’un contrôle fort via les parlements

«L'existence de double standards est inacceptable et n'est pas légale (...) car elle mine la crédibilité des pays aisés lorsqu'ils appellent à lutter contre la corruption dans les pays pauvres», souligne Huguette Labelle. Si les pays pauvres sont souvent touchés par une justice corrompue et un système parlementaire inefficace, les pays aisés souffrent quant à eux d'une régulation insuffisante du secteur privé et d'un manque de contrôle des institutions et des transactions financières, selon TI.

«Lutter contre la corruption nécessite un contrôle fort via des parlements, des forces d'exécution de la loi, des médias indépendants et une société civile dynamique», considère Huguette Labelle. L'ONG espère que son constat encouragera les pays donateurs -qui se réunissent le 25 septembre à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU- à doubler leur aide pour renforcer les institutions dans les pays pauvres.