Commission européenne: Les 28 pays ont un jour de plus pour trouver leur casting

NOMINATION Les 28 pays de l’Union européenne doivent s’accorder pour désigner les prochains présidents de la Commission européenne, du Conseil, du Parlement et le haut représentant pour les affaires étrangères

20 Minutes avec AFP

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La Commission européenne à Bruxelles.
La Commission européenne à Bruxelles. — KENZO TRIBOUILLARD

Après une nuit de négociations infructueuses, les 28 pays de l’Union européenne doivent, de nouveau, se réunir, ce mardi, pour désigner leur nouvelle équipe dirigeante. Les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent dès 11 heures à Bruxelles, qu’ils ont quitté lundi après dix-huit heures de marchandages qui n’ont pas abouti. Ces derniers n’ont pas réussi à s’accorder sur les quatre postes clés de l’UE :  présidence de la Commission européenne, du Conseil, du Parlement et haut représentant pour les affaires étrangères.

L’accord bloqué par l’Irlande, la Lettonie, la Croatie et plusieurs pays de l’est

Autant de postes à renouveler après les élections de mai, qui ont vu le tandem PPE (droite) et social-démocrate perdre le contrôle de la majorité qu’il détenait au Parlement européen. Dimanche, un compromis soutenu par l’Allemagne, la France, l’Espagne et les Pays-Bas était pourtant en passe de faire consensus : le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans pour la Commission, l’Allemand Manfred Weber, chef de file du PPE, pour le Parlement et un couple PPE-libéral pour le Conseil et le Haut représentant.

En outre, la France pouvait, elle, demander la gouvernance de la BCE. Pour une femme, parité oblige. Une nomination pour 8 ans sur un poste qui arrive également à échéance. Une partie du PPE refuse le compromis Macron-Merkel qui prive son chef de file Manfred Weber de la présidence de la Commission. Proche dans la nuit, l’accord a été bloqué par de petits pays, selon une source européenne : Irlande, Lettonie, Croatie et plusieurs pays de l’est du « groupe de Visegrad » qui s’estimaient insuffisamment représentés.

« Un club de 28 qui se réunit sans jamais se décider »

Vers midi, le sommet a été interrompu avec un nouveau rendez-vous le lendemain matin, rare décision qui contraint 28 chefs d’Etat et de gouvernement à chambouler leur agenda. Fatigué après une semaine au Japon, Emmanuel Macron s’est emporté contre cet « échec ». « Cela donne une très mauvaise image de l’Europe, une image pas sérieuse », « pas crédible au plan international », a-t-il fustigé, regrettant « des heures passées en palabres » qui transforment l’UE en « un club de 28 qui se réunit sans jamais se décider ».

Il en a profité pour réclamer une réforme de la gouvernance pour que l’UE ne soit plus « l’otage de petits groupes ». Angela Merkel a au contraire cherché à minimiser le report, estimant que prendre son temps valait la peine pour éviter « cinq ans de tensions » en raison de mauvais choix.

Un compromis trouvé sur le casting Timmermans-Weber ?

La situation n’est pas pire qu’en 2014, où il avait fallu trois sommets pour attribuer la présidence de la Commission à Jean-Claude Juncker (PPE) et celle du Parlement à Martin Schulz, chef de file des sociaux-démocrates. Un quatrième sommet fin août avait porté sur le poste de président du Conseil et de Haut représentant. Les consultations se sont poursuivies lundi soir entre les 28 ainsi qu’entre groupes politiques à Strasbourg, où le nouveau Parlement ouvre sa session ce mardi.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont tous deux dit espérer un accord rapide mardi matin. Selon une source européenne, un compromis pourrait être trouvé sur le casting Timmermans-Weber. Si les 28 échouaient de nouveau mardi à s’accorder sur des noms qui doivent respecter des équilibres géographiques, politiques et femmes/hommes, un effet domino risque de se faire sentir jusqu’à Strasbourg. Les eurodéputés pourraient en effet choisir de retarder l’élection de leur président, l’une des variables de l’équation de Bruxelles.