VIDEO. Corée du Nord: Donald Trump fait quelques pas historiques au nord, avec Kim Jong Un

COREE DU NORD C’est la toute première fois qu’un président américain met les pieds en Corée du Nord, mais la rencontre est avant tout symbolique

M.C. avec AFP
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Donald Trump et Kim Jong Un à la frontière entre Corée du sud et du nord.
Donald Trump et Kim Jong Un à la frontière entre Corée du sud et du nord. — BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Un lieu chargé de symboles : Donald Trump a effectué quelques pas dimanche en Corée du Nord en compagnie de Kim Jong Un, illustrant le rapprochement spectaculaire avec ce pays, même si le dossier nucléaire semble toujours dans l’impasse. Le président américain a réussi son pari, le numéro un nord-coréen ayant accepté à la dernière minute son invitation impromptue à le rencontrer dans la Zone démilitarisée (DMZ), le « no man’s land » qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

Donald Trump est devenu ce faisant le premier président américain en exercice à fouler le sol du régime stalinien. Accompagné de l’homme fort de Pyongyang, vêtu d’un costume Mao anthracite, le milliardaire américain a fait quelques pas en territoire nord-coréen, avant de poser à ses côtés pour les journalistes sur la ligne de démarcation. « C’est un grand jour pour le monde », s’est-il félicité. De son côté, kim Jong-Un a espéré « surmonter les barrières » grâce à ses liens avec Donald Trump. Ce dernier a aussi dit qu’il « inviterait bien » le leader nord-coréen à la Maison-Blanche.

« Une poignée de main signifie beaucoup »

Avant d’arriver samedi en Corée du Sud, il avait adressé via Twitter une invitation surprise à Kim Jong-Un à venir lui dire « bonjour ». Mais quelques heures à peine avant la visite de Donald Trump à la DMZ, on ignorait encore si son homologue coréen se rendrait ou non au rendez-vous.

« Il en a très envie », avait assuré Trump, précisant que le président sud-coréen Moon Jae-in l’accompagnerait quoi qu’il arrive à la frontière. « Ce sera très court mais ça ne fait rien. Une poignée de mains signifie beaucoup », avait estimé le milliardaire américain. Il s’agit de la troisième entrevue entre les deux hommes depuis leur sommet historique de Singapour en juin 2018 et la rencontre ratée de Hanoï en février dernier.

Incitation économique pour Kim, victoire diplomatique pour Trump

De l’avis des experts, une telle rencontre ne devrait pas suffire à résoudre le délicat dossier de la dénucléarisation de la Corée du Nord, sur lequel achoppe le rapprochement avec Washington. L’administration Trump exige que Pyongyang renonce définitivement à son programme nucléaire avant d’envisager une levée des sanctions internationales, ce que le Nord refuse.

Selon Harry J. Kazianis, spécialiste de la Corée au Center for the National Interest, un centre de réflexion washingtonien, Donald Trump pourrait toutefois mettre à profit sa visite dans la péninsule pour offrir de « suspendre » une partie des sanctions onusiennes, en échange du démantèlement total de Yongbyon, le principal centre d’essais nucléaires du Nord.

« Une rencontre pour les caméras »

« Une telle formulation donnerait à Pyongyang l’incitation économique dont il a besoin pour ranimer son économie, tout en donnant à Trump une grande victoire diplomatique au moment où les tensions montent dans le monde entier, que ce soit avec les alliés ou les ennemis des Etats-Unis », observe-t-il. « Une rencontre pour les caméras et sans ordre de jour ne fera rien pour effacer un an d’illusions et de déceptions », estime, de son côté, le chercheur américain Joshua Pollack, du Middlebury Institute of International Studies.

A l’exception de George Bush père, tous les présidents américains ont effectué une visite chargée de symboles sur la DMZ. Donald Trump aurait dû sacrifier à la tradition lors d’une première visite en Corée du Sud en 2017, mais le brouillard avait empêché son hélicoptère d’atterrir.