CAN 2019: Un supporter algérien expulsé d'Égypte et incarcéré à Alger pour avoir brandi une pancarte de contestation

CONTESTATION POLITIQUE Deux autres supporters ont aussi été expulsés puis arrêtés pour avoir allumé des fumigènes

20 Minutes avec agences

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Algérie-Sénégal lors de la CAN 2019.
Algérie-Sénégal lors de la CAN 2019. — JAVIER SORIANO / AFP

Polémique autour de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2019). Un supporter algérien a été expulsé d’Egypte et incarcéré dans son pays pour avoir brandi une pancarte contestataire dans un stade.

Le fan de football a été expulsé ce mardi vers Alger avec deux autres supporters algériens, qui avaient allumé des fumigènes et ont aussi été interpellés en sortant de l’avion. Les trois hommes seront détenus jusqu’à leur procès le 2 juillet, selon le frère du premier supporteur.

« Qu’ils partent tous »

« Mon frère a été interpellé pour avoir brandi une pancarte sur laquelle il était écrit 'Qu’ils partent tous' », explique son frère, qui ignore les chefs d’inculpation à l’encontre des trois hommes. Depuis le 22 février, l’Algérie est secouée par un mouvement de contestation inédit, qui a poussé le président Abdelaziz Bouteflika à la démission le 2 avril.

Depuis, les militants exigent le départ de tous les dirigeants ayant eu des responsabilités durant les 20 ans de présidence de Bouteflika. Cette revendication est traduite dans les manifestations et sur les réseaux sociaux par ce fameux slogan : « Qu’ils partent tous », que le supporter avait inscrit sur sa pancarte.

Une amende pour la Fédération de foot algérienne

L’agence de presse algérienne APS a confirmé ce jeudi l’expulsion des trois supporters. Selon elle, la police les a arrêtés avant le coup d’envoi du match Algérie-Kenya de dimanche à cause de la « pancarte à caractère politique ». APS assure qu’il a « fallu l’intervention de l’ambassade d’Algérie en Egypte pour faire éviter à ce trio des poursuites judiciaires. »

L’agence ne mentionne par contre jamais leur arrestation sur le territoire algérien, leur inculpation ou leur placement en détention préventive. Après ces incidents, la Confédération africaine de football (CAF) a infligé « une amende financière » et un avertissement à la Fédération algérienne de football (FAF).