Nucléaire iranien: Les signataires de l'accord en réunion de crise à Vienne

URANIUM Depuis le retrait des Etats-Unis en mai 2018, les tensions entre les Américains et l'Iran ne cessent d'augmenter

20 Minutes avec AFP

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Helga Schmid, secrétaire générale du Service européen d'actions extérieures et Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, le 28 mai 2019 à Vienne.
Helga Schmid, secrétaire générale du Service européen d'actions extérieures et Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, le 28 mai 2019 à Vienne. — ALEX HALADA / AFP

Sur fond de fortes tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, les signataires de l'accord sur le nucléaire iranien se réunissent à nouveau ce vendredi à Vienne. Les Européens, la Chine et la Russie examinent ce vendredi leurs marges de manœuvre pour enrayer le délitement de cet accord. 

Sous la houlette de l’Union européenne, une réunion des représentants des Etats encore parties prenantes à l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) a débuté peu après midi, ont constaté des journalistes de l’AFP. L’Iran est représenté par son vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Depuis leur retrait fracassant, en mai 2018, de ce traité destiné à garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien, les Etats-Unis de Donald Trump misent sur une stratégie de la tension maximale avec Téhéran pour faire plier le régime iranien.

300 kg d'uranium enrichi

Sur fond d’incidents militaires dans la région du Golfe faisant craindre un embrasement, le président américain avait évoqué mercredi la possibilité d’une guerre courte contre Téhéran. A son arrivée, vendredi au G20 d’Osaka, Donald Trump a joué l’apaisement, assurant que « rien ne press [ait] » pour résoudre les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Dans ce contexte, les autres signataires de l’accord nucléaire ne semblent pas en mesure de sauver ce texte en proposant des solutions permettant de sortir les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de l’isolement provoqué par le rétablissement des sanctions économiques américaines.

Alors que ces sanctions asphyxient l’économie iranienne et privent le pays des bénéfices qu’il attendait de l’accord international, Téhéran a présenté une feuille de route en vue de s’affranchir de certains engagements pris dans le cadre du pacte. L’Iran avait annoncé mi-juin qu’il dépasserait à partir du 27 juin le plafond de 300 kg d’uranium enrichi à 3,67 % prévu par l’accord de Vienne.

L'iran prêt à faire machine arrière

Cette limite n’a pas été dépassée jeudi, selon des sources diplomatiques, un responsable iranien invoquant une « raison technique » et précisant que cette mesure était toujours à l’ordre du jour. Il a ajouté que l’Iran se trouvait actuellement à 2,8 kg sous le plafond autorisé. Téhéran a également menacé d’enrichir à partir du 7 juillet de l’uranium au-delà du taux autorisé de 3,67 %.

De telles violations contribueraient à affaiblir un peu plus l’accord conclu avec les grandes puissances et toujours sous contrôle de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA). Le même responsable iranien a cependant souligné jeudi que l’Iran pouvait faire machine arrière et revenir dans les limites autorisées « en l’espace d’une demi-heure » en cas de progrès dans les négociations avec les autres signataires sur le sujet crucial des exportations de pétrole.