Danemark: Entre écologie et social, Mette Frederiksen devient la plus jeune Première ministre du pays

CHEFFE DE GOUVERNEMENT Agée de 41 ans, elle s’est engagée à faire de l’écologie et de la protection sociale le cœur de sa politique pour les quatre prochaines années

20 Minutes avec AFP

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La sociale-démocrate Mette Frederiksen, le 5 juin 2019.
La sociale-démocrate Mette Frederiksen, le 5 juin 2019. — Henning Bagger/AP/SIPA

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70 % et donner un accueil « plus humain » aux migrants… Deux mesures du programme résolument social et écologique de la nouvelle Première ministre sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen. Appelée ce mercredi à former le gouvernement du Danemark, elle devient la plus jeune Première ministre de son histoire.

« Sa Majesté la Reine a invité Mette Frederiksen, présidente du parti social-démocrate, à former un (…) gouvernement », a annoncé la maison royale du pays scandinave après une rencontre entre la souveraine Margrethe II et la responsable politique. A 41 ans, elle est parvenue à défaire le libéral Lars Lokke Rasmussen, aux affaires entre 2009 et 2011 et depuis 2015 avec le soutien du Parti populaire danois (DF).

Barrage aux eurosceptiques

Cette formation eurosceptique et anti-immigration, qui façonne depuis le début des années 2000 la politique d’accueil des étrangers restrictive du Danemark, s’est effondrée aux législatives du 5 juin, privant le gouvernement de centre-droit de sa principale béquille au Parlement. L’immigration a minima faisant désormais consensus et les Danois étant majoritairement pro-UE, le Parti populaire danois n’apparaît plus comme une force de proposition utile, d’autant qu’il est passé à côté de la question climatique.

La lutte contre le réchauffement était pour la première fois pendant la campagne en tête des préoccupations des électeurs, et les partis écolos ont enregistré une forte poussée. Autre priorité des Danois, la défense du système de santé d’un pays prospère et proche du plein-emploi, mais qui a réduit la dépense sociale et médicale alors que s’accélère le vieillissement démographique. En présentant l’accord programmatique conclu mardi soir après trois semaines de négociations avec la gauche, Mette Frederiksen s’est engagée à faire de l’écologie et de la protection sociale l’alpha et l’oméga de sa politique ces quatre prochaines années.

« Chaque couronne de dépense sera financée »

« C’est un document politique qui (…) définit réellement des ambitions vertes. Nous allons élaborer un plan climat, une loi contraignante sur le climat et réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70 % » en 2030, a expliqué la dirigeante, déjà plusieurs fois ministre. Avec 25,9 % des suffrages, son parti a reculé mais est resté la première formation du pays et l’ensemble du « bloc rouge » a une majorité absolue de 91 sièges sur les 179 que compte le Parlement danois.

Concernant le social, le gouvernement de Mette Frederiksen entend augmenter les effectifs des enseignants, relever les minimas sociaux, aider les familles et accélérer l’intégration des étrangers. Une « liste de courses » onéreuse, a tancé le chef du gouvernement sortant sur Twitter. « Ils ont oublié de dire comment ils comptaient payer la facture », a raillé Lars Lokke Rasmussen. « Chaque couronne de dépense sera financée », a rétorqué Mette Frederiksen.

Enfin, sur l’immigration, les quatre partis signataires de l’accord de gouvernement ne devraient pas changer foncièrement les conditions d’accueil mais assouplir à la marge, au nom d’un accueil « humain ». L’accord de gauche prévoit également l’abandon du projet de placer sur une île inhabitée les migrants « indésirables », des déboutés de l’asile qui ont un casier judiciaire, en attente d’expulsion, et ceux qui ne peuvent être renvoyés vers leur pays. Mette Frederiksen devrait probablement présenter son gouvernement jeudi.