Brésil: La Cour suprême refuse de libérer Lula

BRESIL Les juges étaient notamment appelés à se prononcer sur l’impartialité de l’ancien juge anticorruption Sergio Moro qui avait condamné Lula en première instance avant de devenir ministre de la Justice

20 Minutes avec AFP

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Lula le 24 avril 2017.
Lula le 24 avril 2017. — EVARISTO SA / AFP

La Cour suprême du Brésil a rejeté mardi successivement deux demandes de libération de l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, emprisonné depuis plus d’un an pour corruption et qui subit un nouveau revers devant la justice.

La première demande, qui avait peu de chances d’aboutir, a été rejetée par 4 juges contre 1 de la Cour siégeant à Brasilia. Dans la foulée, les juges, appelés à se prononcer sur l’impartialité de l’ancien juge anticorruption Sergio Moro qui avait condamné Lula en première instance avant de devenir ministre de la Justice, ont rejeté une autre demande de libération de l’ex-président.

Les juges ont tranché sur le score serré de 3 voix contre 2 en défaveur de Lula. Ils ont décidé de repousser au second semestre l’examen de la conduite de Sergio Moro et privé le chef historique de la gauche brésilienne d’une liberté provisoire d’ici là. La défense de Lula avait déposé ce recours en décembre 2018, arguant que le juge ne pouvait être impartial alors qu’il venait d’être nommé ministre de Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite élu à la présidentielle d’octobre 2018 après la disqualification de Lula, envoyé en prison.

L’avocat de Lula optimiste

Lula, président de 2003 à 2010, purge depuis avril 2018 une peine de 8 ans et 10 mois de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent, à Curitiba (sud). Il avait été condamné en première instance par le juge Moro en 2017 pour avoir reçu un triplex de bord de mer de la part d’une entreprise du BTP impliquée dans le gigantesque scandale de pots-de-vin autour de l’entreprise Petrobras révélée par l’enquête « Lavage express ».

Le rejet de ces deux demandes mardi marque un nouveau revers pour Lula, dont la défense a déposé depuis 2018 une avalanche de recours visant sa libération. Lula, qui reste à 73 ans populaire auprès de dizaines de millions de Brésiliens, n’a cessé de clamer son innocence. Il affirme que l’ancien juge Moro chargé de l’enquête anticorruption « Lavage express » a participé à une conspiration politique destinée à l’empêcher de se représenter à l’élection présidentielle, pour laquelle il était le grand favori des sondages.

« Nous avons déjà présenté une quantité innombrable d’éléments prouvant que l’ancien président n’a pas eu droit à un jugement juste, impartial, indépendant », a déclaré après le jugement Cristiano Zanin Martins, l’un des avocats de Lula. « Il n’a commis aucun crime et a le droit d’être jugé par un juge impartial. Jusqu’ici il n’a pas eu cela ». L’avocat s’est toutefois montré optimiste sur la suite des événements. « Nous nous attendons à ce qu’ils (les juges) reconnaissent » que Sergio Moro a été partial, a-t-il conclu.