Crise des migrants aux Etats-Unis: Démission d'un responsable en pleine polémique sur la détention d'enfants

DROITS DE L'HOMME L'organisation Human Right Watch a dénoncé des conditions «horrifiques»

20 Minutes avec AFP

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Des migrants d'Amérique centrale arrêtés par la police américaine des frontières au Texas, le 29 mai 2019.
Des migrants d'Amérique centrale arrêtés par la police américaine des frontières au Texas, le 29 mai 2019. — AP/SIPA

Des enfants entassés dans des cellules provisoires, qui dorment parfois à même le sol, sans avoir pris de douche depuis deux semaines. Ce sont les conditions « horrifiques » de détention de centaines d’enfants de migrants décrites la semaine dernière par l’association Human Right Watch, qui a visité le centre de Clint, à El Paso, au Texas, près de la frontière avec le Mexique. Alors que la polémique fait rage, le chef par intérim de la police américaine des frontières, John Sanders, a présenté sa démission, mardi, ont indiqué plusieurs médias américains.

Dans sa lettre diffusée aux agents du service des Customs and Border Protection (CBP), le responsable indique qu’il quittera ses fonctions le 5 juillet, sans en préciser la raison.

Un rapport explosif

Son départ intervient quelques jours après la publication du rapport de Human Rights Watch. L’ONG a notamment dénoncé le manque d’hygiène et de sécurité dans ce centre surpeuplé où les mineurs non accompagnés sont détenus depuis plusieurs semaines. Le ministère de la Santé (HHS) a annoncé lundi avoir trouvé des places dans ses centres d’accueil pour la plupart de ces enfants. Mais selon le New York Times, une centaine de mineurs étaient de nouveau placés mardi en détention dans le centre de Clint, désormais désengorgé.

Le CBP est en première ligne pour arrêter les migrants mais ses centres de détention sont surpeuplés. Les policiers remettent régulièrement en liberté les clandestins après que ceux-ci ont déposé une demande d’asile. Les mineurs doivent être théoriquement placés dans des centres du HHS, mais le ministère pointe des solutions d’hébergement insuffisantes.

Une élue compare les centres à des « camps de concentration »

« Face à moi, l’enfant de trois ans a des noeuds dans les cheveux, une toux sèche, un pantalon plein de boue et des yeux qui se ferment de fatigue », raconte dans un communiqué Clara Long, membre de la délégation qui a visité le centre à Clint. C’est son grand frère, âgé de onze ans, qui s’occupe de lui depuis leur arrestation il y a trois semaines, après avoir traversé la frontière avec un oncle de dix-huit ans, dont ils ont été séparés.

Selon le récit de HRW, les enfants détenus à Clint « n’ont pas d’accès régulier aux douches ou à des vêtements propres », certains ne se sont pas lavés « depuis des semaines », n’ont pas de savon et ont parfois des poux. Quinze mineurs ont attrapé la grippe et dix ont dû être placés en quarantaine en raison de leur état de santé.

Lors d’une audition le 18 juin à San Francisco, l’avocate du gouvernement avait justifié l’absence de savon et de brosse à dent, estimant qu’ils ne faisaient pas partie des conditions de détention « sûre et saine » prévues par la loi pour les mineurs non accompagnés. Ces explications ont provoqué un tollé. D’anciens otages américains de pirates somaliens ou de talibans afghans ont assuré sur Twitter que même leurs geôliers leur avaient fourni de quoi se laver. La jeune élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a comparé la semaine dernière ces centres de détention à des « camps de concentration » gérés par une administration « fasciste ».