Embuscade meurtrière en Afghanistan:La France et l'Otan démentent l'existence d'un rapport secret

POLEMIQUE Selon un quotidien canadien, un document montre que les soldats français étaient mal équipés...

avec agence

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Dix soldats français ont été tués lundi en Afghanistan, dans une embuscade menée par une centaine d'insurgés talibans. 
Dix soldats français ont été tués lundi en Afghanistan, dans une embuscade menée par une centaine d'insurgés talibans.  — AFPTV

Un rapport de l’Otan vraiment «secret»...  L'Otan et les autorités françaises ont démenti dimanche l'existence d'un document affirmant que les soldats français étaient sous équipés lors de l'embuscade meurtrière d'août.

«Je suis en mesure d'affirmer qu'il n'y a eu aucun rapport, ni de l'Otan, ni de l'Isaf (la force internationale en Afghanistan) sur ces événements», a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'Alliance, James Appathurai. «L'Otan n'a aucun doute sur les capacités et l'entraînement des forces françaises», a-t-il aussi déclaré. «Il n'y a pas de rapport de l'Otan», a confirmé pour sa part le porte-parole de l'état-major français, le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, qui a fait état de «rumeurs». Mais il n'est pas impossible que l'annonce d'un tel rapport «secret», qui n'a jamais existé, trouve son origine dans les auditions de soldats impliqués dans ces combats meurtriers, a-t-il expliqué. «On a recueilli des témoignages individuels, et partiels» de soldats sur cette embuscade, et ces témoignages ont pu provoquer des «rumeurs» qui ont ensuite pris la forme d'un «rapport secret», a-t-il dit à l'AFP.


Démenti

Dans la matinée, Laurent Teisseire, le porte-parole du ministère français de la Défense, avait souligné que la France maintenait «tous les éléments factuels donnés depuis le début sur les modalités et les caractéristiques de l'embuscade et de l'opération» du 18 août. Une façon donc de démentir les affirmations de «Globe and Mail».

Manque de munitions, de radios et autres

Selon le quotidien canadien, un rapport de l’Otan frappé de la mention «secret», les troupes françaises, mal préparées et équipées, ont été surprises par des insurgés bien armés. Les soldats français tombés dans l'embuscade ne disposaient pas de suffisamment de munitions, de radios et d'autres équipements nécessaires, poursuit le journal, citant ce document.

L’unité de soldats français a été obligée d'abandonner le combat lorsqu'elle s'est retrouvée sans munitions après seulement 90 minutes d'engagement, poursuit le quotidien canadien de référence. Elle n'avait qu'une seule radio, qui s'est trouvée rapidement hors service, empêchant ainsi les soldats d'appeler leurs camarades au secours, selon le rapport cité.

Au contraire, les insurgés, eux, étaient extrêmement bien préparés, accompagnés de tireurs d'élite, entraînés aux techniques de guérilla et équipés en balles incendiaires, souligne-t-il. «La précision de l'ennemi était très bonne», note le rapport.

Pas que des talibans afghans?

Selon différentes informations, non confirmées, ce groupe d'insurgés n'était pas uniquement composé de talibans afghans, mais semblait avoir reçu l'aide d'autres rebelles, et notamment d'extrémistes venus du Pakistan, selon le général canadien Richard Blanchette, un porte-parole de l'Isaf. «Le fait qu'ils sont en possession de davantage d'armes sophistiquées est peut-être signe d'une connexion avec des gens de l'extérieur», a expliqué le général Blanchette au Globe and Mail.

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