Pays-Bas: Des militants anti-éoliennes listés comme «menace terroriste» par les services de sécurité

TERRORISME Certaines entreprises construisant des éoliennes ont reçu des lettres de menace

20 Minutes avec agences

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Une éolienne. Illustration.
Une éolienne. Illustration. — M. Fourmy / Sipa

Des militants « extrémistes » opposés à la construction d’éoliennes ont été rangés dans la liste des menaces terroristes tenue par les services de lutte contre le terrorisme aux Pays-Bas. La lutte anti-éolienne rejoint ainsi les activités islamistes et d’extrême droite dans le dernier rapport, publié ce lundi.

En effet, au moins deux entreprises construisant des éoliennes ont dû renoncer à leurs projets « dans la crainte d’attaques », perdant « des millions d’euros », selon l’Agence nationale antiterroriste NCTV. « Les actions de protestation extrémistes […] se sont poursuivies et se sont durcies au cours des derniers mois », ajoute le rapport.

Des lettres de menace envoyées

La police a même dû mettre en place une équipe spéciale pour enquêter sur des lettres de menaces envoyées par ces militants anti-éoliennes. En avril, une entreprise avait renoncé à un contrat après avoir reçu un ultimatum lui donnant 48 heures pour « changer de mentalité ».

« Si vous ne faites rien », poursuivait la lettre, « vous pouvez utiliser l’argent que vous gagnez à nos dépens […] en frais de sécurité pour vous et votre société ». Une autre entreprise construisant des éoliennes avait été visée.

Les énergies propres freinées par l’opposition locale

Les Pays-Bas développent leurs parcs éoliens afin que les énergies renouvelables constituent 14 % des sources d’énergie en 2020, soit l’un des objectifs des accords européens sur le climat. Le pays cherche aussi des alternatives aux carburants, car une série de séismes a provoqué une baisse dans l’extraction de gaz. Mais l’annonce de la construction de nouvelles fermes éoliennes suscite l’opposition virulente de la population locale.

Les militants ont ainsi installé des décharges illégales d’amiante sur certains sites et placardé des affiches représentant des responsables locaux portant des tenues nazies. Mi-juin, la police a arrêté trois hommes soupçonnés d’être impliqués dans les lettres de menaces et les décharges d’amiante, passibles de 12 ans de prison pour « mise en danger grave de la santé publique ».