Tensions entre l’Iran et les Etats-Unis: Menaces de frappes, exécution d’un espion, drone abattu… Un embrasement est possible

FRAPPES Donald Trump a annulé à la dernière minute des frappes de représailles contre la République islamique

B.C. avec AFP

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Le 21 juin 2019, Donald Trump a affirmé avoir annulé les frappes américaines qui devaient viser «trois sites» en Iran.
Le 21 juin 2019, Donald Trump a affirmé avoir annulé les frappes américaines qui devaient viser «trois sites» en Iran. — Evan Vucci/AP/SIPA

L’Iran a averti samedi les Etats-Unis que la moindre attaque contre son territoire aurait des conséquences dévastatrices pour leurs intérêts dans la région, après que le président américain eut annulé à la dernière minute des frappes de représailles contre la République islamique. Quelques jours après avoir annoncé le démantèlement d’un « nouveau réseau » d’espions et de « nouvelles recrues des Américains » liées à la CIA, l’Iran a par ailleurs annoncé dans la journée l’exécution pour « espionnage » d’un prestataire du ministère de la Défense.

Jalal Haji Zavar avait été condamné par un tribunal militaire pour espionnage au profit de l’Agence centrale du renseignement des Etats-Unis (CIA), selon l’agence semi-officielle Isna.

Samedi, Donald Trump a de son côté annoncé sur Twitter que les Etats-Unis imposeraient dès lundi de nouvelles « sanctions supplémentaires majeures contre l’Iran lundi. L’Iran ne peut pas avoir d’armes nucléaires ! »

Crainte d’embrasement

Samedi, le président américain Donald Trump, qui alterne déclarations martiales et appels au dialogue depuis plusieurs semaines, a assuré dans un tweet que si les Iraniens renonçaient à leur programme nucléaire, il deviendrait leur « meilleur ami ». Mais en dépit des affirmations répétées des Etats-Unis et de l’Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, la tension n’a cessé de monter entre les deux pays et la multiplication des incidents dans le Golfe fait craindre un embrasement.

« Tirer une balle en direction de l’Iran mettra le feu aux intérêts de l’Amérique et de ses alliés » dans la région, a déclaré samedi à l’agence Tasnim le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l’état-major conjoint des forces armées iraniennes. Vendredi, le président américain Donald Trump a affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l’Iran pour éviter un lourd bilan humain, tout en maintenant ses menaces de représailles contre Téhéran, qui avait abattu la veille un drone américain.

L’ONU en arbitre ?

La destruction du drone de l’US Navy par l’Iran a provoqué un nouvel accès de fièvre. L’Iran affirme disposer de « preuves irréfutables » montrant que le drone américain abattu était entré dans son espace aérien et a déposé une plainte à l’ONU. Samedi, le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a publié sur son compte Twitter une carte reprenant notamment, selon lui, le parcours détaillé du drone au-dessus du détroit d’Ormuz.

Washington affirme de son côté que l’aéronef a été touché dans l’espace aérien international. Les Etats-Unis ont demandé la tenue lundi d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU, selon des sources diplomatiques. Accusant Téhéran de « rejeter les ouvertures diplomatiques de Washington », l’envoyé spécial des Etats-Unis pour l’Iran, Brian Hook, a affirmé vendredi que l’Iran devait « répondre à la diplomatie par la diplomatie, pas par la force ».

Guerre diplomatique… pour l’instant

« Les Iraniens répondront à la diplomatie par la diplomatie, au respect par le respect et à la guerre par une défense acharnée », a répondu sur Twitter le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi. Selon lui, la « diplomatie » américaine est synonyme de « #TerrorismeEconomique et de guerre » et de violation « de la parole donnée » ainsi que des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

De son côté, Londres a annoncé que son ministre d’Etat chargé du Moyen-Orient, Andrew Murrison, serait dimanche à Téhéran pour plaider en faveur d'« une désescalade urgente ».

Les tensions entre Washington et Téhéran ne cessent de monter depuis le retrait américain en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l’Iran, privant ce pays des bénéfices économiques escomptés grâce à ce pacte dont la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne font toujours partie, ainsi que l’Iran.

Les tensions se sont intensifiées avec de récentes attaques contre des pétroliers dans le Golfe, imputées par Washington à Téhéran, qui dément toute implication. Alors que les Etats-Unis renforcent leur dispositif militaire au Moyen-Orient, l’Iran a annoncé que ses réserves d’uranium enrichi dépasseraient à partir du 27 juin la limite prévue par l’accord.