Une journaliste accuse Donald Trump de l'avoir agressée sexuellement dans une cabine d'essayage il y a 23 ans

ME TOO Célèbre chroniqueuse du magazine «Elle», E. Jean Carroll est la 16e accusatrice du président américain, qui a démenti, dénonçant une «histoire complètement fausse»

P.B.

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Donald Trump en 1996 et une photo non datée de la journaliste E. Jean Carroll.
Donald Trump en 1996 et une photo non datée de la journaliste E. Jean Carroll. — SIPA/TWITTER

Selon son récit, les événements se sont déroulés il y a 23 ans. La journaliste américaine E. Jean Carroll, chroniqueuse pour le magazine Elle, accuse Donald Trump de l’avoir agressée sexuellement dans la cabine d’essayage d’un grand magasin new-yorkais fin 1995 ou début 1996. La Maison Blanche a aussitôt démenti par un communiqué : « C’est une histoire complètement fausse et irréaliste, qui refait surface 25 ans après s’être prétendument déroulée, et qui a été inventée pour ternir la réputation du président. » Publié par New York Magazine, le récit de la journaliste est un extrait de son livre What do we need men for ? attendu en juillet.

Selon son témoignage, Donald Trump l’a reconnue et abordée dans le grand magasin de luxe Bergdorf Goodman, lui demandant conseil pour faire un cadeau à une femme. Selon son récit, le milliardaire lui demande alors d’essayer un « body transparent en dentelle » pour « voir à quoi il ressemble [sur une femme]. » E. Jean Carroll décrit un échange sur le ton de la plaisanterie, dans lequel elle suggère à Donald Trump de l’essayer lui-même. Selon elle, ils se dirigent alors vers une cabine d’essayage, et aucun employé n’est présent.

« L’instant d’après, il me pénètre »

« Au moment où la porte de la cabine se referme, il se jette sur moi, me pousse contre le mur et plaque sa bouche sur mes lèvres. Je suis surprise et je le repousse et je ris à nouveau. Il m’attrape les deux bras et me pousse à nouveau contre le mur, passe sa main sous ma robe et baisse mes collants. L’instant d’après, toujours vêtu de son costume, il ouvre son imperméable, défait sa braguette, touche de force mes parties intimes avec ses doigts, et me pénètre avec son pénis, complètement ou à moitié – je ne suis plus certaine. Nous luttons avec force. Je porte des talons de 10 cm, et j’essaie de lui écraser le pied. J’arrive enfin à le repousser avec mon genou, à ouvrir la porte et à sortir en courant. »

E. Jean Carroll dit s’être aussitôt confiée à deux amies. Une lui suggère de se taire : « N’en parle à personne. Il a 200 avocats, il t’écrasera ! » L’autre lui conseille d’aller voir la police : « Il t’a violée ! » Les deux personnes citées ont confirmé son témoignage auprès de New York Magazine.

La journaliste explique qu’elle n’a pas parlé plus tôt car les précédents témoignages de 15 autres accusatrices du président américain n’ont rien changé. Elles ont été « menacées et traînées dans la boue. [Donald Trump] nie, menace et attaque. J’ai manqué de courage. »