Algérie: Sortir de la Constitution, c'est «détruire» les fondements de l'Etat, estime Gaïd Salah

CONTESTATION Le général Gaïd Salah est critiqué pour son rejet des revendications du mouvement de contestation qui réclame l’élaboration d’une nouvelle Constitution en Algérie

20 Minutes avec AFP

— 

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, aux côtés du chef d'état-major d el'armée algérienne Ahmed Gaïd Salah.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, aux côtés du chef d'état-major d el'armée algérienne Ahmed Gaïd Salah. — CANAL ALGERIE / AFP

Pour le général Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’armée algérienne, toute transition hors du cadre constitutionnel, telle que la réclame l’actuel mouvement de contestation, aboutirait à « la destruction des fondements de l’Etat », a-t-il déclaré, ce mardi, lors d’un discours.

« Celui qui voue rancune et animosité envers l’armée (…) et son commandement, est indubitablement un ennemi de l’Algérie », a également mis en garde le général Gaïd Salah, devenu l’homme fort du pays depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika.

« S’engouffrer dans un tunnel obscur dénommé le vide constitutionnel ? »

Le général Gaïd Salah est critiqué pour son rejet des revendications du mouvement qui agite l’Algérie depuis le 22 février et réclame le départ du « système » au pouvoir et la mise en place d’institutions ad hoc, chargées de réformer l’Algérie, d’élaborer une nouvelle Constitution puis d’organiser un scrutin pour élire un nouveau chef de l’Etat. Ceux qui « tentent sciemment d’outrepasser, voire geler, l’application des dispositions de la Constitution, réalisent-ils que cela signifie la suppression de toutes les institutions de l’Etat et s’engouffrer dans un tunnel obscur dénommé le vide constitutionnel ? », a-t-il expliqué.

Le vide constitutionnel signifie « la destruction des fondements de l’Etat national algérien et penser à construire un autre Etat avec d’autres standards, d’autres idées et d’autres projets idéologiques, auxquels seront consacrés des débats sans fin », a-t-il ajouté. « Il est impensable de procéder au nom du peuple, à la destruction de la réalisation du peuple algérien, qui est (…) la Constitution », a-t-il ajouté.