Mort de Mohamed Morsi: Un député réclame une «enquête indépendante» sur les conditions de son décès

EGYPTE Un député conservateur britannique qui avait dirigé une commission indépendante sur les conditions de détention de l’ancien président égyptien s’interroge sur les raisons de sa mort

20 Minutes avec AFP

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Des gens tiennent une photo du président égyptien Mohamed Morsi lors d'une cérémonie commémorative de funérailles symbolique le 18 juin 2019 à la mosquée Fatih à Istanbul.
Des gens tiennent une photo du président égyptien Mohamed Morsi lors d'une cérémonie commémorative de funérailles symbolique le 18 juin 2019 à la mosquée Fatih à Istanbul. — AFP

Selon le député britannique Crispin Blunt, la mort de Mohamed Morsi « est représentative de l’incapacité de l'Egypte à traiter les prisonniers conformément au droit égyptien et international ». L’ancien président égyptien emprisonné depuis six ans s'est effondré au tribunal et est mort dans les heures qui ont suivi à l’hôpital.

« Le gouvernement égyptien a le devoir d’expliquer sa mort malheureuse », a indiqué le député conservateur qui avait dirigé une commission indépendante sur les conditions de détention de Morsi.​ Ce dernier réclame en conséquence une « enquête internationale indépendante » sur les causes de son décès.

« Refus d’un traitement médical de base »

Lors de la présentation en mars 2018 d’un rapport de la commission qu’il présidait, Crispin Blunt avait notamment souligné que le « refus d’un traitement médical de base » auquel l’homme politique avait droit « pourrait entraîner sa mort prématurée ».

Le rapport affirmait également que Mohamed Morsi, qui avait des antécédents de diabète et d’insuffisance rénale, était maintenu à l’isolement 23 heures par jour dans des conditions de détention susceptibles de relever de la torture ou du traitement cruel, inhumain ou dégradant.

Une « chaîne de responsabilités »

« Nous craignions que si Mohamed Morsi ne bénéficiait pas d’une assistance médicale d’urgence, les dommages pour sa santé puissent être permanents et même mortels. Malheureusement, nous avons eu raison », a regretté mardi Crispin Blunt, en estimant que la « chaîne de responsabilités » pouvait remonter jusqu’à l’actuel président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.