Madrid bascule à droite grâce à une alliance allant du centre à l'extrême droite

COALITION En Espagne, les digues ont visiblement sauté

G. N. avec AFP

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Le nouveau maire de Madrid, Jose Luis Martinez Almeida (parti populaire, droite), juste après son élection, samedi 15 juin.
Le nouveau maire de Madrid, Jose Luis Martinez Almeida (parti populaire, droite), juste après son élection, samedi 15 juin. — OSCAR DEL POZO / AFP

La municipalité de Madrid a basculé à droite samedi, grâce au soutien du nouveau parti d’extrême droite Vox apporté au candidat conservateur, Jose Luis Martinez Almeida. Trois semaines après les élections municipales, et au terme d’intenses négociations, Jose Luis Martinez Almeida (Parti populaire, PP, conservateur) a été élu maire grâce au soutien à la fois des conseillers de centre droit de Ciudadanos et de l'extrême droite de Vox.

Trente conseilleurs municipaux ont voté pour Martinez Almeida, soit plus que la majorité absolue nécessaire. Il va succéder à Manuela Carmena, une ancienne magistrate élue en 2015 grâce au soutien de la gauche et de l’extrême gauche. Le Parti populaire gérera Madrid en coalition avec Ciudadanos, avec le soutien de Vox. Le PP et Ciudadanos ont ainsi signé un accord en 80 points pour gouverner ensemble la capitale.

Entrée fracassante de Vox

Un accord semblable a été conclu dans au moins une autre ville alors que Vox, fondé en 2013 et encore pratiquement absent du paysage politique il y a un an, progresse dans le pays. Il a remporté en avril 10 % des voix et 24 élus sur 350 députés au Parlement espagnol.

« Vous allez nous entendre déplorer autant que nécessaire le fait que vous ayez décidé d’accorder à une force comme Vox la capacité de décider du gouvernement de la ville la plus importante d’Espagne, l’une des plus importantes du monde », a réagi Pepu Hernandez, candidat malheureux du Parti socialiste au poste de maire de Madrid.

Mais cette coalition du centre à l’extrême droite aura des répercussions au niveau européen puisqu'« une plateforme commune entre Ciudadanos et l’extrême droite remettrait en question la coopération politique pour construire un groupe centriste rénové au sein de l’Union européenne », avait indiqué un peu plus tôt une source élyséenne. « Il faut une cohérence idéologique. Un groupe progressiste et libéral ne peut pas se permettre d’être accusé de faiblesse ou d’ambiguïtés » en se rapprochant de forces populistes, ajoute-t-elle. Visiblement les mises en garde sont restées bloquées au pied des Pyrénées.