VIDEO. Golfe d'Oman: Le pétrolier japonais contredit les Etats-Unis et dit avoir été touché par un tir

CRISE La Navy américaine accuse l'Iran d'avoir placé des mines sous-marines sur les deux navires

P.B. avec AFP

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De la fumée s'élève du pétrolier norvégien Front Altair, visé par une attaque dans le Golfe d'Oman, le 13 juin 2019.
De la fumée s'élève du pétrolier norvégien Front Altair, visé par une attaque dans le Golfe d'Oman, le 13 juin 2019. — ISNA / AFP

Qu’est-ce qui a provoqué une explosion sur les deux pétroliers dans le Golfe, jeudi ? Vendredi, l’opérateur du navire japonais a contredit la version des Etats-Unis, affirmant, en se basant sur les témoignages du personnel à bord, qu’un tir au-dessus de la ligne de flottaison était responsable. La veille, Washington avait assuré, vidéo à l’appui, que l’explosion avait été provoqué par une mine sous-marine, et désigné l’Iran comme le responsable. Téhéran, de son côté, a fermement démenti à l’ONU, accusant les Etats-Unis de « sabotage diplomatique ».

« On nous a signalé que quelque chose a volé vers le navire. L’endroit où le projectile a frappé était nettement au-dessus de la ligne de flottaison, donc nous sommes absolument sûrs qu’il ne s’agissait pas d’une torpille. Je ne pense pas qu’il y avait une bombe à retardement ou un objet posé sur le côté du navire », a déclaré Yutaka Katada, président de Kokaku Sangyo.

Les Etats-Unis publient une vidéo floue

Jeudi, la Navy américaine a publié une vidéo très floue. Selon elle, on peut y voir un équipage iranien retirer après coup une mine « limpet » qui était posée sur la coque mais n’a pas explosé. L’Iran assure que son équipage était là pour porter secours au pétrolier.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a accusé l’Iran d’être « responsable » de cette attaque. Vendredi, Donald Trump en a rajouté une couche sur Fox News. « L’Iran a fait ceci. On voit le bateau, avec une mine qui n’a pas explosé et c’est signé par l’Iran », a déclaré le président américain, affirmant que les responsables iraniens « ne voulaient pas laisser de preuves derrière eux ».

Moscou, allié de l’Iran, a condamné « sévèrement » les attaques et a demandé à Washington de ne pas « tirer des conclusions hâtives », tandis que la Chine a appelé au « dialogue ». Les alliés de Washington dans la région ont également condamné les attaques. L’Arabie saoudite a fait part de sa « grande inquiétude » et les Emirats ont dénoncé une « dangereuse escalade ».