Elections européennes: Bruxelles a détecté une «activité de désinformation» «soutenue» par des «sources russes»

FAKE NEWS Fin mai, certains responsables européens avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, en désignant clairement Moscou comme principal responsable des campagnes de « fake news »

20 Minutes avec AFP

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Une femme vote pour les Européennes 2019
Une femme vote pour les Européennes 2019 — LUDOVIC MARIN / AFP

Une « activité de désinformation continue et soutenue de la part de sources russes », visant à influencer les électeurs et à décourager leur participation lors des élections européennes, a été détectée par les autorités européennes, a révélé la Commission européenne dans un rapport publié ce vendredi.

Fin mai, certains responsables européens avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, en désignant clairement Moscou comme principal responsable des campagnes de « fake news ». Les Etats membres avaient été appelés à coordonner leur veille et une forte pression a été exercée sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.

Des « éléments de preuve » recueillis

Cette mobilisation n’a pas mis au jour à proprement parler « une campagne de désinformation transfrontalière spécifique de la part de sources extérieures » visant les élections européennes, ont nuancé les autorités bruxelloises, dans le rapport présenté vendredi.

Mais « les éléments de preuve recueillis ont révélé une activité de désinformation continue et soutenue de la part de sources russes visant à limiter la participation électorale et à influencer les préférences des électeurs ».

« Utiliser la désinformation pour promouvoir des points de vue extrêmes »

Cette activité, dont les auteurs ne sont pas clairement identifiés dans le document, couvrait « un large éventail de sujets, allant de la remise en cause de la légitimité démocratique de l’Union à l’exploitation de débats publics conflictuels sur des questions telles que l’immigration et la souveraineté ».

« Il y a eu une tendance constante de la part de ces acteurs malveillants à utiliser la désinformation pour promouvoir des points de vue extrêmes et polariser les débats locaux, y compris par des attaques sans fondement contre l’UE », est-il écrit. Et ces « acteurs malveillants » ne venaient pas forcément de loin : des « acteurs politiques nationaux ont souvent adopté les tactiques et les récits utilisés par les sources russes pour attaquer l’UE et ses valeurs ».