VIDEO. Attaques contre des pétroliers dans le Golfe: Les Etats-Unis accusent l'Iran, réunion d'urgence à l'ONU

TENSIONS Deux pétroliers ont été attaqués, jeudi, un mois après plusieurs incidents similaires  

20 Minutes avec AFP

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De la fumée s'élève du pétrolier norvégien Front Altair, visé par une attaque dans le Golfe d'Oman, le 13 juin 2019.
De la fumée s'élève du pétrolier norvégien Front Altair, visé par une attaque dans le Golfe d'Oman, le 13 juin 2019. — ISNA / AFP

Le ton monte entre Washington et Téhéran. Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a accusé l’Iran d’être « responsable » des attaques menées jeudi contre des pétroliers en mer d’Oman, quasiment un mois jour pour jour après des attaques contre quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Emirats arabes unis. Un incident qui fait craindre un nouvel embrasement dans le Golfe et qui a poussé l'ONU à se réunir en urgence, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Deux tankers, norvégien et japonais, ont été la cible jeudi d’une attaque en mer d’Oman, en plein Golfe, une région déjà sous tension du fait de la crise entre les Etats-Unis et l’Iran. Il s’agissait d’une attaque « coordonnée et planifiée », a déclaré, l’association internationale des pétroliers indépendants (Intertanko). Selon cette dernière, les deux navires ont été « visés au niveau, ou sous, la ligne d’eau, près de la salle des machines. »

Réunion d’urgence à l’ONU, l’Iran dément

La République islamique a balayé ces accusations tout en menaçant de s’affranchir de certaines restrictions à son programme nucléaire. Le chef de l’ONU Antonio Guterres a averti jeudi que le monde ne pouvait pas se permettre un conflit majeur dans le Golfe.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en urgence à huis clos. L’ambassadeur américain Jonathan Cohen a répété que tous les éléments semblaient désigner l’Iran, ont rapporté des diplomates. « Il faut que le Conseil de sécurité reste saisi du sujet », a fait valoir Jonathan Cohen. « Si on ne réagit pas, d’autres attaques sont possibles ».

« L’Iran rejette catégoriquement les accusations infondées des Etats-Unis et les condamne dans les termes les plus forts », a répliqué la mission iranienne auprès de l’ONU dans un communiqué jeudi soir.

Une mine aurait été retrouvée

Selon un responsable du gouvernement américain cité par CNN, une mine « limpet » (mine aimantée) qui n’a pas explosé a été retrouvée sur la coque d’un des pétroliers.

« Le gouvernement des Etats-Unis estime que la République islamique d’Iran est responsable des attaques de ce jour en mer d’Oman », a dit Mike Pompeo devant la presse à Washington. Il a évoqué, à l’appui de ses accusations, des informations récoltées par les services de renseignement, « les armes utilisées », les précédentes attaques contre des navires également imputées par Washington à Téhéran, et le fait qu’aucun des groupes alliés de l’Iran dans la région n’ait les moyens d’atteindre « un tel niveau de sophistication ». Il a estimé que l’Iran voulait empêcher le passage du pétrole par le détroit d’Ormuz.

« Escalade inacceptable »

Pour Mike Pompeo, les actes attribués par les Etats-Unis aux autorités iraniennes dans la région « représentent une menace claire pour la paix et la sécurité internationales, une attaque flagrante contre la liberté de navigation et une escalade des tensions inacceptable de la part de l’Iran ».

Alors que le guide suprême iranien Ali Khamenei a opposé jeudi, en présence du Premier ministre japonais Shinzo Abe à Téhéran, une fin de non-recevoir aux appels au dialogue de Donald Trump, le président des Etats-Unis a estimé qu’il était trop tôt pour « ne serait-ce qu’envisager de trouver un accord » entre les deux pays ennemis.

« Ils ne sont pas prêts et nous non plus », a écrit le milliardaire républicain sur Twitter. Son secrétaire d’Etat a néanmoins réaffirmé que Washington souhaitait toujours que Téhéran revienne à la table des négociations « le moment venu ».