Une approche régionale pour régler la crise au Darfour

TCHAD A défaut de pouvoir contraindre le pouvoir soudanais d'arrêter les exactions contre les populations civiles au Darfour...

Envoyée spéciale au Tchad, Faustine Vincent

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Un corps, vraisemblablement celui du soldat français de l'Eufor porté disparu lundi au Soudan, près de la frontière du Tchad, a été retrouvé mercredi matin par les autorités soudanaises, a annoncé le quartier général de la force européenne au Tchad.
Un corps, vraisemblablement celui du soldat français de l'Eufor porté disparu lundi au Soudan, près de la frontière du Tchad, a été retrouvé mercredi matin par les autorités soudanaises, a annoncé le quartier général de la force européenne au Tchad. — Pascal Guyot AFP/Archives

A défaut de pouvoir contraindre le pouvoir soudanais d’arrêter les exactions contre les populations civiles au Darfour (région à l’ouest du Soudan), la communauté internationale a opté en 2007 pour un approche régionale de la crise, qui a déjà fait plus de 300.000 morts et 2,2 millions de déplacés depuis 2003, selon l’ONU.

La mission de l’Eufor au Tchad et en Centrafrique s’inscrit dans cette perspective. Elle doit ainsi s’accompagner d’un déploiement parallèle d’une force de l’ONU en République centrafricaine et au Tchad (la Minurcat, qui tarde à se déployer sur le terrain et dont l'Eufor est censée assurer la sécurité), et d’une force militaire mixte comprenant des soldats de l’Union africaine et des Nations Unies (la Minuad, qui accuse elle aussi un retard préoccupant) au Soudan.

Le conflit au Darfour ayant débordé à l’est du Tchad et au nord-est de la Centrafrique, l’Eufor a été déployée dans cette zone. C’est en effet là, dans cette zone frontalière du Darfour, que sont massés quelque 450.000 réfugiés soudanais et déplacés tchadiens, dont la force européenne doit assurer la sécurité via la Minurcat.

Conflit larvé entre le Soudan et le Tchad
Selon les diplomates en charge du dossier, la communauté internationale ne pourra cependant pas régler la crise au Darfour sans s’attaquer au conflit larvé entre le Tchad et le Soudan. « Tout est tellement lié », insistait fin juin le commandant de la Minuad pour la province du Darfour occidental. De l'autre côté de la frontière, Victor Angelo,  représentant spécial de la Minurcat, fait le même constat. « L'amélioration des relations entre le Tchad et le Soudan est la priorité absolue. Après, tout sera plus facile », explique-t-il.
 
Ces deux pays voisins entretiennent des relations tumultueuses depuis cinq ans, s'affrontant par rebelles interposés. Aux yeux de l’Union africaine, une normalisation de leur relation est « cruciale » pour créer un processus politique crédible pour le Darfour. De son côté, le Tchad estime que la normalisation de ses relations avec Khartoum passe d’abord par une solution au Darfour.

En mai, le Soudan a rompu ses relations diplomatiques avec le Tchad après une attaque de rebelles du Darfour près de Khartoum. Mi-septembre, les deux pays, dont les présidents se connaissent bien, se sont engagés à rétablir le contact d'ici octobre. Mais, avec la fin de la saison des pluies, les attaques rebelles pourraient bientôt reprendre. Et compromettre tout effort de la communauté internationale pour réconcilier les deux pays.