Royaume-Uni: Boris Johnson en tête pour succéder à Theresa May, sept candidats encore en lice

ELECTIONS Boris Johnson, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Theresa May, grand artisan de la victoire du Brexit lors du référendum de 2016, n’a jamais semblé aussi proche de prendre les commandes de l’exécutif britannique

20 Minutes avec AFP

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Boris Johnson.
Boris Johnson. — DHF/ZDS/WENN.COM/SIPA

Sans grande surprise, l’ancien maire de Londres, Boris Johnson est arrivé largement en tête du premier tour des élections du chef du Parti conservateur, avec 114 votes sur 313, loin devant les six autres candidats. Trois candidats ont d’ores et déjà été éliminés.

« Nous sommes évidemment heureux des résultats mais il reste un long chemin à parcourir avant de remporter la course », a commenté un porte-parole de Boris Johnson. Suivent l’actuel chef de la diplomatie, Jeremy Hunt (43 voix), le ministre de l’Environnement Michael Gove (37), l’ex-ministre du Brexit Dominic Raab (27), le ministre de l’Intérieur Sajid Javid (23), le ministre de la Santé Matt Hancock (20) et le ministre du Développement international Rory Stewart (19).

Le second tour prévu mardi prochain

En revanche, trois candidats ont échoué à recueillir les 17 voix nécessaires pour passer au deuxième tour. L’ex-ministre chargée des relations au Parlement Andrea Leadsom sort de la course avec seulement 11 voix, l’ancien secrétaire d’Etat à l’immigration Mark Harper (10) et l’ancienne ministre du Travail Esther McVey (9). Le prochain vote pour poursuivre l’écrémage aura lieu mardi. Car le processus a lieu en deux temps : les 313 députés conservateurs s’expriment d’abord sur les candidats lors d’une série de votes à bulletin secret jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux, avant que les 160.000 membres du parti ne départagent les finalistes, d’ici la fin juillet.

« On est maintenant au coude à coude pour le prochain tour », a affirmé Rory Stewart, un baroudeur qui a servi en Irak comme gouverneur adjoint de la coalition après l’invasion américaine en 2003 et traversé seul l’Afghanistan pendant un mois en 2002. Le vainqueur prendra possession du 10, Downing Street, la fonction échéant au leader de la formation réunissant une majorité parlementaire suffisante pour gouverner.

Le « no deal » en « dernier recours »

A 54 ans, Boris Johnson, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Theresa May, grand artisan de la victoire du Brexit lors du référendum de 2016, n’a jamais semblé aussi proche de prendre les commandes de l’exécutif britannique. Favori des bookmakers, il joue la carte du sauveur du Brexit après l’échec de Theresa May à mettre en œuvre la sortie de l’UE. La Première ministre, qui restera en fonction jusqu’à la désignation de son successeur, a été contrainte de reporter au 31 octobre cette échéance historique initialement prévue le 29 mars, après avoir vu le Parlement rejeter par trois fois son accord de divorce négocié avec Bruxelles.

« BoJo » a assuré, s’il devient Premier ministre, que le Royaume-Uni quitterait l’UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Mercredi, lors du lancement de sa campagne, il a toutefois assoupli sa position en faisant du « no deal » une solution « de dernier recours ». Boris Johnson a aussi prévenu qu’il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit – estimée entre 40 et 45 milliards d’euros par Londres – jusqu’à ce que l’UE accepte de meilleures conditions de retrait. Charismatique, reconnaissable entre mille avec sa tignasse blonde hirsute, Boris Johnson a la cote chez les militants conservateurs de base même si ses pairs lui reprochent ses gaffes et un certain dilettantisme.