Allemagne: Les «thérapies de conversion» pour les personnes homosexuelles bientôt interdites?

HOMOPHOBIE Une commission mise en place par le ministère allemand de la Santé fait état de « dérives » au sein de ces thérapies

20 Minutes avec agences
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Illustration d'une manifestation LGBT.
Illustration d'une manifestation LGBT. — Middlebrook / SIPA

C’en est fini des « thérapies de conversion » en Allemagne. Le ministre de la Santé veut présenter d’ici la fin de l’année un projet de loi pour interdire ces prétendues thérapies visant à « soigner » l’orientation sexuelle des personnes homosexuelles.

« Je suis pour une interdiction de ces thérapies », a déclaré Jens Spahn, lui-même homosexuel, lors d’une conférence de presse ce mardi. « Parce que l’homosexualité n’est pas une maladie et n’a donc pas besoin de thérapie. »

1.000 personnes « converties » par an

Le projet sera, une fois présenté, débattu au Parlement. S’il est adopté, l’Allemagne rejoindra Malte et quelques régions autonomes espagnoles, seuls territoires européens à avoir interdit ces pratiques. En Allemagne, ces pseudo-thérapies, surtout proposées dans les milieux religieux radicaux, concernent quelque 1.000 personnes par an selon une fondation de défense des personnes LGBT.

Le ministre de la Santé a mis en place une commission sur le sujet. Composée de plusieurs spécialistes, elle a jugé que mettre fin à ces pratiques est « médicalement nécessaire et juridiquement possible ». Ces thérapies « ne soignent pas mais rendent malades », a appuyé le ministre. La commission a notamment recueilli des témoignages faisant état de dérives. Une femme a ainsi raconté qu’un « thérapeute » l’avait enrôlée dans des séances de luminothérapie et des entretiens d’endoctrinement. Des électrochocs lui ont même été proposés.

Une interdiction encouragée dans l’Union européenne

L’interdiction de ces « thérapies de conversion » est demandée depuis longtemps par les associations LGBT. Elle améliorerait, selon elles, « l’acceptation sociale » des personnes LGBT + selon Markus Ulrich, porte-parole de LSVD, principale association des gays et lesbiennes en Allemagne.

Plus répandues aux Etats-Unis, les « thérapies de conversion » visent souvent contre leur gré des ados homosexuels ou transgenres. Ils peuvent impliquer des injections de testostérone ou des techniques pour créer aversion, par exemple à l’aide d’électrochocs. En mars 2018, le Parlement européen a adopté un texte non contraignant appelant les Etats à les interdire. Des débats ont actuellement lieu en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.