C'est au tour des ONG de dégainer

ARMES Les ONG défendent un traité qui régule leur vente...

Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

— 

Dans les Kivu, les anciennes tensions ethniques, entre communautés locales (nande, shie...) et communautés hutue et tutsie (dont de nombreux membres sont originaires du Rwanda), sont en outre instrumentalisées par certains candidats en campagne, relève Mme van den Wildenberg.
Dans les Kivu, les anciennes tensions ethniques, entre communautés locales (nande, shie...) et communautés hutue et tutsie (dont de nombreux membres sont originaires du Rwanda), sont en outre instrumentalisées par certains candidats en campagne, relève Mme van den Wildenberg. — Lionel Healing AFP/Archives

La plate-forme d'organisations non gouvernementales «Contrôlez les armes» travaille depuis 2003 à la mise en place d'un traité international sur le commerce des armes. En décembre 2006, l'Assemblée générale des Nations unies a lancé des travaux dans la perspective de l'adoption d'un texte sur le sujet. Alors que les Etats membres se réunissent début octobre pour débattre de son contenu, Amnesty International (AI) publie aujourd'hui un rapport intitulé «Du sang à la croisée des chemins: plaidoyer pour un traité sur le commerce des armes», qui examine les paramètres et la portée d'un tel texte.

 

· Un traité, pour quoi faire? «Tous les jours au Darfour, en Somalie, en Guinée, ce sont des millions de civils qui souffrent de la violence des armes», dénonce Benoît Muracciole, responsable de la campagne « Contrôlez les armes » chez AI. Une règle d'or pour les Etats : pas question de vendre des armes lorsqu'elles provoquent la misère des populations civiles.

· Un traité, pour quelles armes? Pour être efficace, le texte doit concerner les armes classiques *, « mais aussi les hélicoptères, les camions ou même la formation militaire dispensée à certaines armées », plaide le coordinateur. Le traité doit aussi inclure la notion de « transfert », selon AI, afin de« refléter de manière réaliste le commerce international des armes », en régulant, par exemple, les transferts d'un Etat à un utilisateur privé.

· Un traité, qui est contre? Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France ou encore Israël sont les premiers vendeurs d'armes dans le monde. Parmi les plus réticents à la perspective de l'adoption d'un traité : la Chine, les Etats-Unis et la Russie. Or, le rapport publié aujourd'hui montre que ce sont ces mêmes Etats qui vendent des armes à des pays où sont commises des violations des droits humains. La preuve, si besoin, de la nécessité de réguler la circulation des armes.