Immigration: Mexique et Etats-Unis se félicitent de leur accord

FRONTIERE Donald Trump voulait imposer des droits de douane au Mexique si, à son sens, il ne prenait pas des mesures fortes contre l’immigration

20 Minutes avec AFP

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Andres Manuel Lopez Obrador, le ^président du Mexique depuis décembre 2018.
Andres Manuel Lopez Obrador, le ^président du Mexique depuis décembre 2018. — Eduardo Verdugo/AP/SIPA

Le président américain Donald Trump et son homologue mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, ont exprimé leur satisfaction samedi après l’accord conclu entre leurs deux pays sur l’immigration clandestine. A la frontière, le soulagement était palpable. Vendredi soir, à l’issue de plusieurs jours de négociations ardues, Washington et Mexico ont arraché un accord sur l’immigration comme souhaité par Donald Trump, qui avait une nouvelle fois agité son arme favorite pour parvenir à ses fins : les droits de douane.

« Le Mexique va faire beaucoup d’efforts, et s’ils le font, cet accord sera un grand succès pour les Etats-Unis et le Mexique », a tweeté samedi le président républicain, avant de remercier son homologue mexicain. Ce dernier, qui s’est rendu samedi soir à Tijuana, ville mexicaine juste de l’autre côté de la frontière de San Diego, en Californie, s’est également félicité dans la soirée de l’accord conclu avec Washington.

« Pas de crise économique ou financière dans notre pays »

Il a indiqué dans un tweet avoir réaffirmé à Donald Trump, lors d’un entretien téléphonique, sa « disposition à l’amitié, au dialogue et à la collaboration pour le bien de nos deux peuples ». Ce voyage à la frontière avait été prévu par Andres Manuel Lopez Obrador au plus fort de la crise pour « défendre la dignité » de son pays ; il s’est agi cette fois de « célébrer » l’accord.

« Lundi il n’y aura pas de tarifs, pas de taxes, pas de crise économique ou financière dans notre pays », a lancé le président de gauche à des milliers de sympathisants réunis à Tijuana.

« Des mesures fortes »

Donald Trump a annoncé que Mexico allait prendre « des mesures fortes pour endiguer le flux migratoire » traversant son pays à destination de la frontière avec les Etats-Unis où la police et la douane se disent débordées par le nombre des arrivées. « Cela va permettre de réduire grandement, ou d’éliminer, l’immigration illégale venant du Mexique et entrant aux Etats-Unis », a-t-il assuré. Mais selon le New York Times, la plupart des mesures annoncées par le Mexique dans l’accord avaient déjà été convenues lors de négociations antérieures.

Donald Trump avait promis d’imposer des taxes de 5 % à partir de lundi sur tous les produits exportés par le Mexique vers les Etats-Unis, en augmentant ce taux de 5 points par mois pour qu’il atteigne 25 % en octobre, faisant fi des mises en garde des milieux économiques américain et mexicain.

Les démocrates opposés

Politiquement, l’accord était toutefois critiqué des deux côtés de la frontière par les oppositions et les ONG. « Dans cet accord, les migrants servent de monnaie d’échange. Le phénomène migratoire est criminalisé », regrette Luis Rey Villagran, qui défend les migrants au Mexique. « La Garde nationale devrait combattre les narcotrafiquants et non pas arrêter des enfants et des femmes », ajoute-t-il.

La déclaration commune des deux pays mentionne des « mesures sans précédent » prises par le Mexique, notamment le déploiement de sa Garde nationale. « Le Mexique va aussi prendre des mesures décisives pour démanteler les organisations de passeurs et de trafiquants, ainsi que leurs réseaux illicites de transport et de financement », selon ce texte qui a été lu par le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard.

L’opposition démocrate aux Etats-Unis restait quant à elle hostile, y voyant une continuation du discours anti-immigrés qui est la marque de fabrique de Donald Trump depuis son entrée en politique en 2015. « Les menaces et les accès de colère ne sont pas un moyen de négocier une politique étrangère », a ajouté Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants.